Pour la Foire du livre de Francfort, la France cherche encore un million d'euros

Antoine Oury - 18.02.2016

Edition - Economie - Foire du Livre de Francfort - Institut Français SNE - édition salons foires


Après plusieurs mois de réflexion, la France acceptait officiellement, en juin 2015, l'invitation d'honneur proposée par la Foire du Livre de Francfort, pour l'édition 2017. La première question est évidemment celle du financement de cette venue en grandes pompes : être invité d'honneur suppose de mobiliser des moyens conséquents, tant pour le déplacement des éditeurs que pour la création d'un grand pavillon qui exposera l'exception française.

 

Frankfurt Buchmesse 2015

Le Foire du Livre de Francfort (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

« Vous avez la chance d'avoir une littérature au rayonnement international, vous », a remarqué le directeur de la Foire du Livre de Francfort, Jürgen Boos, auprès d'Anne Tallineau, directrice générale déléguée de l’Institut français : en octobre 2017, il faudra exporter ce rayonnement outre-Rhin et transformer l'essai à Francfort. L'Institut français, qui a chargé Paul de Sinety de superviser la venue de la France, a déjà assuré la présence française dans des manifestations internationales, comme la Feria del Libro de Madrid ou, bientôt, la Foire du Livre de Tunis.

 

Mais l'attention est focalisée sur Francfort, plus importante Foire du monde, qui requiert des investissements à la hauteur. Un premier chiffre avançait 5 millions € nécessaires, mais l'objectif est finalement fixé à 4 millions €. « Le budget global a été construit, et repose notamment sur un effort de financement public extrêmement important par les temps que nous connaissons, qui montrent d'ailleurs la préoccupation des pouvoirs publics pour le monde de l'édition », explique Anne Tallineau.

 

En effet, l'argent public mobilisé atteint les 3 millions €, répartis entre le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Culture. Le « bleu de Matignon » est tombé, après l'arbitrage du Premier ministre : ce sceau signifie que les négociations sont terminées. Manuel Valls avait lui-même annoncé la venue de la France à Francfort, et n'a visiblement pas hésité en demandant aux ministères de mobiliser les fonds nécessaires.

 

La France accepte l'invitation de la Foire de Francfort - Ministère de la Culture

Anne Tallineau, Juergen Boos (directeur de la Foire de Francfort) et Fleur Pellerin, en juin 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Cependant, « ce n’est pas suffisant », souligne un proche du dossier, et il faudra donc aller chercher un million supplémentaire auprès de partenaires privés. Mission qui ne devrait pas être trop problématique, rassure toutefois l’Institut. « Une partie de ce budget sera donc des participations privées, que ce soit par du mécénat pur et simple — nous allons constituer un club des mécènes — ou par des partenariats avec un certain nombre d’acteurs qui sont les acteurs de cette scène de l’édition : je pense par exemple aux échanges franco-allemands dans le domaine de la jeunesse avec l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), dont les éditeurs sont un des partenaires », nous précise Anne Tallineau.

 

Les noms de Michelin et de la SNCF circulent dans les couloirs, mais rien n’est encore confirmé.

 

Quant à la contribution des éditeurs, elle se fera par le biais de « programmes » : par exemple, des éditeurs allemands en sciences humaines et sociales pourront travailler avec leurs homologues français dans l’optique de déclencher des traductions qui pourront être présentées à la Foire du Livre de Francfort.

 

Bien évidemment, le SNE, mais aussi le BIEF, Bureau international de l’édition française, participent activement à l’organisation, en collaboration avec l’Institut français.