Pour les ayants droit de Conan Doyle, Holmes n'a qu'une vie

Antoine Oury - 17.09.2013

Edition - International - Conan Doyle - Sherlock Holmes - domaine public


Les oeuvres de Sir Arthur Conan Doyle mettant en scène Sherlock Holmes sont pratiquement toutes dans le domaine public, à l'exception d'une dizaine de nouvelles, écrites tardivement par l'écrivain. Ce sont avec ces dernières que les ayants droit revendiquent le contrôle total du détective et de son acolyte, sans limite.

 


Sherlock Holmes Statue

shining.darkness, CC BY 2.0

 

 

Un spécialiste de Sherlock Holmes, Leslie Klinger, avait déposé un recours devant le juge pour faire entrer le personnage et son acolyte Dr. Watson dans le domaine public, mais les ayants droit veillent, et ont déposé leur argumentaire pour le maintien sous copyright. D'après eux, le fait que Conan Doyle ait poursuivi le développement des personnages, ainsi que leur passé fictif, dans la dizaine de récits encore protégés par la propriété intellectuelle justifie le contrôle sur les personnages dans leur intégralité.

 

« Chacune des dix histoires se déroule dans le passé, à différents points des vies des deux hommes - et des histoires antérieures font d'ailleurs de même. En d'autres termes, n'importe quel aspect de leurs vies fictionnelles dépend de la trame sous copyright » peut-on lire. Étrange conception du copyright, qui fut limité à sa création justement pour permettre les réutilisations des oeuvres par d'autres créateurs.

 

L'argumentaire se poursuit pourtant : « Si la création des personnages est terminée aux États-Unis avant 1923, les personnages sont dans le domaine public » soulignent les ayants droit. Dans le cadre d'une oeuvre de fiction, difficile de trancher : quand un personnage est-il terminé ? Toute la tâche de l'auteur semble pourtant relever de la sélection à laquelle il procède pour créer un personnage - impossible en effet de l'écrire totalement, dans tous les aspects de sa vie imaginaire...

 

« La position du plaignant créerait de nombreuses personnalités à Sherlock Holmes : une version "domaine public" du personnage qui n'utiliserait que des éléments de son existence tombés dans le domaine public, à côté du personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle » expliquent les ayant droits. Et la schizophrénie ne peut faire partie de sa personnalité de création littéraire...

 

L'ensemble de l'argumentaire est disponible à cette adresse.

 

(via Techdirt)