Pour ou contre J.K. Rowling, les auteurs choisissent leur camp

Antoine Oury - 02.10.2020

Edition - Société - jk rowling transphobie - auteurs lettre trans - lettre auteurs


L'autrice la plus riche du monde s'attire depuis plusieurs mois de nombreuses critiques, après des commentaires transphobes et des prises de position polémiques. Une soixantaine d'artistes ont appelé à une accalmie sur les réseaux sociaux, dans une lettre ouverte, texte rapidement suivi par un message de soutien à la communauté transgenre, signé par plusieurs dizaines d'écrivains, éditeurs et journalistes. 

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Les avis sont tranchés, et les opinions polarisées, quant aux déclarations de J.K. Rowling et à l'attitude de l'autrice de la saga Harry Potter. Le 6 juin 2020, Rowling poste un message sur Twitter, en réaction à un article qui évoquait la situation des personnes menstruées : elle souligne alors qu'il ne peut s'agir que de femmes. S'ensuivent des explications qui enveniment la situation, Rowling maintenant une position assez hostile vis-à-vis des personnes transgenres.

La dernière parution de Rowling, une enquête de Cormoran Strike signée sous le pseudonyme Robert Galbraith, a ajouté de l'huile sur le feu (attention, des révélations sur l'intrigue vont suivre). Troubled Blood, publié le 29 septembre dernier au Royaume-Uni, met en effet en scène un meurtrier qui se déguise en femme pour attirer ses victimes féminines, un choix de l'autrice qui n'a pas vraiment convaincu, quand il n'a pas choqué par rapport au contexte.

Alors que la polémique provoquée par la parution bat son plein, une soixantaine d'artistes a publié une lettre ouverte dans les pages du Times pour appeler à la fin de la « campagne de haine » dirigée contre Rowling, sur les réseaux sociaux. Selon eux, la vague de critiques que subit Rowling est « insidieuse, autoritaire et misogyne ». Ian McEwan, Aminatta Forna, Amanda Craig, Rachel Rooney, Lionel Shriver ou encore Susan Hill cosignent cette lettre.

« Nous espérons que J.K. Rowling va bien, et nous la soutenons », assurent-ils pour conclure leur texte.
 

La culture, « à l'avant-garde des changements sociétaux »


Parallèlement à cette lettre ouverte, un texte signé par 200 auteurs, éditeurs et journalistes, publié sur le site The Second Shelf, vient manifester un soutien du secteur aux personnes « transgenres et non-binaires ». Jeanette Winterson, Malorie Blackman, Joanne Harris, Patrick Ness ou encore Mary Jean Chan ont apposé leur signature, pour affirmer que « les droits trans sont des droits humains ».

« La culture est, et devrait toujours être, à l'avant-garde des changements sociétaux et, en tant qu'auteurs, éditeurs, journalistes et travailleurs du monde de l'édition, nous reconnaissons le rôle vital que notre industrie joue dans la reconnaissance et la défense du bien-être et des droits des personnes trans et non-binaires », précisent les signataires.
 
Sur Twitter, Rowling est sorti d'un relatif silence, suffisamment rare pour être remarqué, afin de remercier les signataires de la lettre ouverte. Celle publiée dans le Times, bien entendu : elle se dit reconnaissante que les signataires « se disent solidaires de toutes les femmes qui défendent leurs droits et font face à des menaces de violence ou de mort pour cela ».
 


Y compris les femmes transgenres, donc ?

Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
RECTIFICATION (ça ne pouvait pas rater !): mon message à Lily du 4 octobre: «on lance l'allahalli»...HALLALI car je me rends compte à l'instant (stupeur !) que l'on pourrait me reprocher un jeu de mots de très, très mauvais goût !

Je confirme qu'il s'agit bel et bien d'une coquille mais exceptionnellement malvenue ici, un record...!

J'en serais presque fier mais non, rassurez-vous !

L'écriture réserve parfois de sacrées surprises !

CHRISTIAN NAUWELAERS
RECTIFICATION: LILY à la toute fin de mon message à cette personne, pas Lya...

Trop de débats nuit !

CHRISTIAN NAUWELAERS
« L'autrice la plus riche du monde s'attire depuis plusieurs mois de nombreuses critiques, après des commentaires transphobes »

Un journaliste aurait écrit « supposés » transphobes et aurait fait un article fouillé, comme Nicolas Gary il y a quelques semaines, qui a en partie démonté le mécanisme.

Un groupe de nervis LGBT s'autorisent depuis des années à juger qui est politiquement correct en empêchant les gens de s'exprimer. On a le droit de penser ce que l'on veut, mais pas d'après ces gens-là qui ne sont que des haineux contre l'homme (je parle de l'être avec une paire de balloches, pas du représentant de l'espèce humaine qui, je suppose, est encore une forme de patriarcat insupportable pour ces dérangés).

Nous sommes entrés dans un monde de terreur, où certains n'hésitent à condamner pour des pensées non conformes aux leurs, en empêchant certains de s'exprimer.

Il n'y a pas de vérité sans débat d'opinions, et pour qu'il y ait débat, il faut des opinions CONTRADICTOIRES. Ces gens-là veulent bien débattre entre eux, c'est tout !

On a vu sur France Inter récemment une journaliste (de gauche bien entendu) demander (exiger ?) que le président du CSA censure des gens mal-pensants (i.e. de droite), président qui s'est rangé à son opinion, ce qui en dit long sur le niveau moral de notre pays. Voilà le monde (enfin la France) dans laquelle on vit : des déformés du bulbe, mégalos, veut contrôler la pensée de tous.

Les LGBT sont un cancer terrible de la société moderne. Si ces gens-là avait deux sous de bon sens, ils vivraient leur homosexualité et tous leurs dérivés dans leur intimité, au lieu de les déverser sur la voie publique en exigeant que cela devint une norme. Tout ce que cela va faire, c'est de monter contre eux une population a priori indifférente au départ.

Vae Vicis, comme qui dirait. Mais on n'apprend jamais rien de nos anciens...
Madame Reyes,

Si vous pensez que la «cancel culture» n'existe pas -il ne s'agit pas que de Rowling, vous ne me lisez que partiellement !-et que s'y opposer (car dans le vrai monde, tout le monde sait qu'elle existe) est faire preuve de «condescendance sexiste» totalement imaginaire de ma part, vous démontrez à quel point certaines personnes pourtant peut-être douées s'enfoncent dans un sectarisme hostile et stérile.

Dans le déni du réel.



Enfin tout le monde se fera une opinion et cet espace est un lieu précieux de débat d'idées où certains clichés négatifs et toxiques peuvent être enfin dénoncés.

Je confirme que la «cancel culture» est une honte et tant pis si vous pensez le contraire.

Je constate une grande opposition à cette mauvaise tendance dans les commentaires et vos qualificatifs au vitriol n'y changeront rien.

Non aux traques numériques et autres et aux nouveaux comités d'épuration que vous semblez adouber.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Je suis admiratif de la liberté qui existe ici...

On va d'un extrême à l'autre et ici la censure n'existe PAS !

Moi je suis heureux que l'équipe du site laisse le dernier mot au sens critique des visiteuses et visiteurs du site...

Attention Pathétique, ne faites pas, de grâce, comme les personnes qui nient et justifient à la fois la «cancel culture» (voir l'un ou l'autre commentaire tout récent !).

Voyez cette tribune historique et essentielle «La cancel culture a assez duré» sur le site de Marianne ou directement accessible en ligne !

La liste des signataires pulvérise les contre-vérités proférées par les liberticides du faux progressisme...

Les clichés en prennent un coup sérieux.

Ceux qui en toute bonne conscience prônent une sorte de néostalinisme soft mais insupportable, à combattre par tous les gens de bonne volonté, loin des extrémistes de tout poil et de tout...genre !

Et il est des caricatures non dessinées qu'il faut dénoncer, au profit de la civilisation et non d'une régression sous couvert de progrès.

Pas de néostalinisme assassin de la liberté et la confusion entre l'oeuvre et l'auteur et autrice est un signe anti-démocratique gravissime.

Twittosphère ou pas, cela ne change rien.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Madame Reyes,

Un dernier mot que j'avais oublié dans mon premier message de ce 5 octobre...

Rowling que je soutiens avec ma «condescendance sexiste» (!) est une FEMME, figurez-vous !

Et cela ne veut pas dire que j'adoube tous ses tweets qui sont hors sujet et qui ne m'intéressent pas.

Elle est riche, et alors ?

Vous ne l'êtes sans doute pas et moi non plus...

Moi qui ne fais pas partie de vos notables détestés.

Et qui sont hors sujet.

Mais vouloir justifier l'inacceptable avec de telles considérations -elle est blindée donc on peut lâcher les molosses du numérique... ! -en dit long sur un certain «progressisme» et vos reproches de la défendre, mais en tant que symbole d'une dérive que nous savons (même si vous la niez et l'approuvez en même temps, du macronisme...!).

CHRISTIAN NAUWELAERS
Je trouve que sur les histoires de jk Rowling il y a rien de transphobe. Quelqu'un qui se deguise en femme.



En fait on voit le mal partout de nos jours c'est ça ?
Elovidia,

Vous joignez, même brièvement, votre voix à un débat copieux et passionné !

Si vous écrivez les mots-clés «The Telegraph JK Rowling» comme je viens de le faire, vous voyez une chronique mentionnant une émission de radio à laquelle elle a participé sur Radio 2 «Tracks Of My Years».

J'imagine donc qu'elle raconte sa vie, son passé...

Cet écrit date du 30 septembre.

La phrase qui interpelle, traduite littéralement: «L'interview de JK Rowling par Ken Bruce sur Radio 2 dans «Tracks Of My Years» montre que la haine dirigée contre elle est du non-sens.»

Certains parleront d'«élites», de «notables» si pas de «vieux monde»...

Eh bien j'espère que la haine numérique et anonyme, moderne peut-être mais abjecte quoi qu'il en soit, puisse se voir freinée.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Je me permets d'apporter mon point de vue malgré ma jeunesse et le possible manque d'informations. Pour moi, son tweet pris seul n'est pas offensant, mais je ne suis pas concerné par la communauté lgbtq+, je la supporte mais je n'en fais pas partie.



Mais le problème est que le scandale n'est pas que sur ce tweet, J.K Rowling est ouvertement transphobe. Elle a fait la promotion d'un site transphobe, a écrit dessus et est très chrétienne. Donc forcément on peut se demander si ses propos étaient vraiment maladroits ou mal interprétés...



Est-ce une raison de la harceler, de l'insulter et de l'humilier ? Je ne pense pas. Il ne faut pas se mettre au niveau de notre "agresseur". A vous de savoir si vous allez la boycotter ou non, l'ignorance est la meilleure arme du public. Mais c'est une question délicate : doit on et peut on dissocier l'auteur de son oeuvre ? Personnellement, je pense acheter le prochain livre de J.K si il n'y a aucun propos transphobes dedans et si elle n'utilise pas l'argent contre la communnauté LGBTQ+. Elle est peut être transphobe mais soutient d'autres grandes causes, écrit bien et je ne pense pas qu'elle soit malveillante mais mal éduquée par la précédente génération.



Cordialement,

Ephémère
Bonjour Éphémère !

Je ne me suis jamais exprimé si souvent au sujet d'un thème !

Je suis contre la transphobie mais dans un esprit humaniste et non militant de cette cause puisque je la connais mal.

J'estime que les gens de toutes orientations sexuelles, religieuses (ou non -religieuses), politiques etc. ont le droit de vivre en paix, sans discriminations, persécutions -ce qui est le cas dans certains pays -maltraitances etc.

Mais aucune communauté n'a à imposer ses vues au reste de la société en foulant aux pieds toutes nos conventions et balises démocratiques...

La tentation totalitaire toujours présente et cela pour tous les bords.

On ne peut imposer ses règles et codes spécifiques considérés comme un absolu indiscutable auquel tout le monde doit se soumettre et en la bouclant.

Je suis très ferme pour répondre à une de vos interrogations de jeune personne ouverte et manifestement de bonne foi.

Dissocier ou non l'auteur de son oeuvre ?

Pour moi c'est impératif et essentiel.

Il faut dissocier, absolument !

Si on associe systématiquement l'auteur(e) ou l'artiste en tant que personne à son oeuvre avec une mentalité de comité d'épuration, on tombe dans l'abandon de la démocratie.

C'est la catastrophe totale, Éphémère.

Quels que soient vos goûts, vos tropismes, votre orientation politique (si vous êtes politisée)...réfléchissez.

On peut reprocher des choses à neuf personnalités sur dix !

Tel rappeur illustre et vétéran ou tel ex-footballeur dit «racisé» a pu être condamné pour violences sur une femme ou plusieurs.

Je ne cite pas leur nom mais beaucoup sauront de qui il s'agit.

Des faits avérés, non inventés par moi.

Que les féministes intégristes «oublient» pour s'acharner sur d'autres à la tête du client...tel client parfois infiniment moins coupable et absolument NON VIOLENT, même cela étant admis par la victime !

Oui mon sens de la justice -et non de la défense du patriarcat mais de la Justice, tant pis pour qui refuse de comprendre et mélange tout -a parfois été violemment heurté par certains scandales de mise à mort sociale et professionnelle...

Et le déni de cela, de ce qui est, cela ne va pas.

En fait le mensonge nié contre l'évidence, je ne peux pas...

Il en existe des exemples précis mais il ne faut pas épiloguer à ce sujet.

Sinon en ce qui concerne des gens connus qui ont quelque chose à se reprocher comme les deux exemples cités plus haut, des personnes créatives et connues...

Moi j'estime qu'ils ont fauté, que c'est du passé et que maintenant il faut les laisser vivre et agir en paix.

Certes en espérant qu'ils aient compris et ne recommencent pas.

Certes en refusant et châtiant les comportements répréhensibles mais sans sortir du factuel pur sinon gare à l'arbitraire propre aux dictatures !

Contre les condamnations définitives hystériques et carrément haineuses.

Et sans aucune légitimité démocratique.

Charles Trenet (une référence certes ancienne mais d'autres que vous, j'espère, lisent mon message) a été en prison en 1963 pour faits de pédophilie:un livre est paru à ce sujet, il n'y a pas longtemps.

Gainsbourg n'aurait pas toujours eu un comportement très correct avec certaines femmes.

Mais certaines stars féminines ont parfois été odieuses elles aussi, dans le style «machisme à l'envers».

Alors il faut choisir: soit on dissèque à la loupe le comportement de tout le monde, de quiconque a un petit ou grand nom.

Et on épure les oeuvres d'art du passé également.

On harcèle, on lance des campagnes de boycott, on tente de terroriser par des pressions des organisateurs d'événements qui ne plaisent pas à tels ou telles activistes voulant imposer leurs lois !

HONTE À QUI NIE CE QUI EXISTE !

Les exemples abondent.

Je peux donner des exemples précis et datés pour cela mais je suis déjà fort long !

Dès que des faits heurtant nos codes d'aujourd'hui sont avérés ou décidés par le tribunal Twitter, qui se croit le Juge suprême, la curée commence !

Et appels au boycotte, harcèlement (pour les artistes d'aujourd'hui dans le collimateur implacable de la populace harcelante), accusations basées sur des certitudes ou sur des rumeurs: on s'en fout, c'est le relativisme.

Plus de vrai, plus de faux: seule compte l'émotion prédominante du moment.

L'émocratie commande tout !

Ou alors on refuse cette barbarie...quel que soit le nom qu'on lui affuble pour mettre du beau papier doré autour de déchets à jeter.

Eh bien non, chère Éphémère que je ne connais pas.

En dépit des accusations absurdes, insultantes et malhonnêtes de sexisme, de défense du patriarcat, des notables, etc. moi je lutterai toujours pour des valeurs de liberté, d'humanisme.

Et pour toutes celles et ceux qui créent !

Respectons le fait artistique, la créativité qui tire l'humanité vers le haut depuis les peintures rupestres impressionnantes des hommes préhistoriques !

(Et des femmes préhistoriques ? Là j'avoue mon ignorance...)

Si Rowling est vraiment transphobe: on a le droit de critiquer ce qu'elle a pu écrire de si négatif (que j'ignore).

De manifester un total désaccord.

De tenter un débat d'idées digne de ce nom.

Je regrette, mais cette qualité est plus l'exception que la règle sur le web.

Concrètement, cela ne vole pas toujours haut...

Les auteures et auteurs dont Rowling, Enthoven et autres qui se mêlent à des pugilats Twitter tout le temps...

(J'ignore si Rowling continue ou non.)

Pas sûr que ce soit une bonne démarche, vraiment.

Mais nous vivons dans le cybermonde donc cette remarque finale, je ne la martèle pas.

Je soulève la question.

En tout cas, c'est chronophage et énergivore.

Je vois cela comme une addiction qui nous tirerait plutôt vers le bas.

Je lutte fort moi-même contre une impulsivité qui me pousserait à écrire beaucoup plus (encore !) et donc je ne me situe surtout pas au-dessus de la mêlée; je constate qu'il s'agit d'une donnée de nos vies d'aujourd'hui.

Mais l'écrivain veut communiquer de façon moderne avec des communautés de fans...

Enfin certains et certaines plumes conues ou non.

Question de choix donc.

Et puis il y a les blogs persos: parfois très intéressants et d'un beau niveau !

Oui j'aime la blogosphère !

Voilà Éphémère, j'espère avoir été clair et avoir réussi à ne pas (trop) vous ennuyer en vous souhaitant tout le meilleur.

CHRISTIAN NAUWELAERS Belge aimant la France
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