Pour Résolu, Greenpeace a “consacré ses ressources à amadouer” les éditeurs

Clément Solym - 15.06.2017

Edition - International - Résolu forêt papier - Hachette Livre Nourry - forêt boréale exploitation


« Vous faites partie de nos clients les plus précieux, et c’est avec une grande fierté que nous voyons votre société transformer en magnifiques livres le papier que nous produisons avec passion. » Le PDG du groupe Résolu a décidé de répondre à Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre. Depuis quelques semaines, la société est au cœur d’une action judiciaire, menée contre Greenpeace.


Sylvia Boreal
Gabriel Legaré, CC BY SA 2.0
 

 

Au centre de l’action de Greenpeace, la forêt boréale et l’exploitation que peut en faire la société Produits forestiers Résolu. Pour avoir dénoncé l’activité de l’entreprise, Greenpeace se retrouve donc en procès, mais n’entend pas se faire museler. 

 

Or, le PDG du groupe Hachette, Arnaud Nourry, dont la maison compte parmi les différents éditeurs internationaux qui sont clients des produits de Résolu, n’y allait pas par quatre chemins. « Il y a de quoi troubler profondément des éditeurs, qui par la nature même de leur activité, respectent et alimentent le débat public et comptent — c’est notre cas — de nombreux écologistes parmi leurs auteurs. »

 

La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. « Les exigences de Greenpeace étant capricieuses, obscures et sans cesse changeantes, ses affirmations deviennent la seule norme », note ainsi Richard Garneau dans un courrier adressé au PDG du groupe français (reproduit dans son intégralité en fin d’article). 

 

Et d’avancer que les positions de son entreprise sont transparentes et détaillées. Dans un inventaire à la Prévert, le grand patron liste les motifs de fierté, qui attesteraient alors du respect environnemental de l’entreprise.

 

Nous comblons 74 % de nos besoins en énergie de sources renouvelables. Il y a quelques années, nous nous sommes engagés à réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 65 % sous les niveaux de 2000.
Nous avons surpassé cette cible, et à la fin de 2016, avions réalisé une réduction de 73 %, la meilleure de notre secteur. Nous avons suivi de près nos empreintes carbone et hydrique ainsi que nos pratiques de foresterie, et en avons fait rapport dans le cadre du Carbon Disclosure Project (CDP).
Nos notes ont été au-dessus de la moyenne de l’industrie sous les aspects du carbone et de l’eau, et, en 2016, nous avons obtenu un « A — » en foresterie, soit la plus haute note du secteur dans toute l’Amérique du Nord.
L’an dernier, Résolu est devenue l’une des premières entreprises canadiennes de la Carbon Pricing Leadership Coalition, une initiative volontaire mondiale visant à lutter contre le changement climatique par la tarification du carbone. 

 

 

Le gouvernement canadien même, qui « possède et surveille les territoires forestiers où nous exerçons nos activités », se montre vigilant à l’activité et l’exploitation. Il veille « à ce que les forêts sous notre intendance soient aménagées de façon durable. Nous avons un bilan très solide en matière de conformité aux règlements, tant fédéraux que provinciaux ».

 

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Et de souligner par ailleurs que l’action de Greenpeace est destructrice, en ce qu’elle aurait déjà provoqué 100 millions $ de dommages économiques – que l’organisation aurait elle-même revendiqués. En outre, les représentants des travailleurs sur le terrain « implorent Greenpeace de les entendre depuis des années et sont complètement ignorés ». 

 

Pour le patron de Résolu, l’affaire est entendue, et les éditeurs se font manipuler : « Nous nous préoccupons du fait que Greenpeace ait consacré ses vastes ressources pour amadouer les grandes maisons d’édition, mais qu’elle n’ait pas eu la simple décence de rencontrer les gens ordinaires à qui elle sait qu’elle cause préjudice. »

 

Et de proposer rapidement de renouer le dialogue avec les éditeurs, pour dénouer les problèmes qu’occasionne cette campagne.