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Pour Richard Dawkins, éternel rationaliste, les contes sont dangereux

Antoine Oury - 05.06.2014

Edition - Société - Richard Dawkins - contes pour enfant - The God Delusion


Richard Dawkins, aka le plus grand ennemi des dieux, participait au Cheltenham Science Festival, organisé par le Times du 3 au 8 juin derniers. Devant une assemblée convaincue, ce rationaliste à tout crin ne s'est pas fait que des amis parmi les auteurs jeunesse. L'écrivain et polémiste a en effet affirmé que les contes étaient dangereux et pernicieux pour les enfants, en leur inculquant l'idée que le surnaturel fait partie de ce monde.

 


An Autograph from Richard Dawkins

Alors, on fait ça dans le dos des enfants ?

(Richard Dawkins signe un autographe, syslfrog, CC BY 2.0)

 

 

Imagination et fantaisie importent peu pour Richard Dawkins : dans une intervention au Cheltenham Science Festival, il a multiplié les attaques contre la littérature jeunesse. « Est-ce une bonne chose d'entretenir les fantasmes de l'enfance autour de la magie ? Ou devrions-nous plutôt favoriser un esprit sceptique ? Je trouve un peu pernicieux d'inculquer aux enfants une vision du monde où le surnaturel a sa place - nous en avons déjà bien assez comme cela », a déclaré Dawkins, 73 ans au compteur.

 

On l'aura deviné, mais Dawkins le précise tout de même : il n'a jamais, jamais cru au Père Noël. Le grand contempteur des religions, auteur de The God Delusion, a toutefois admis qu'il s'était prêté avec ferveur à la religion, jusqu'à l'âge de 8 ou 9 ans : « Même déplacer les montagnes, je croyais que c'était possible en priant beaucoup », a-t-il « confessé » à l'assemblée.

 

Le lauréat des enfants, le Children's Laureate sortant, Michael Rosen, dont le rôle est de promouvoir la lecture auprès des plus jeunes, a réagi sur Twitter en s'amusant du fait que Dawkins confonde lui-même « réalité » et « réalité psychique », en somme, l'imagination des enfants à laquelle s'adressent les contes.

 

 

Jonny Geller, agent chez Little, Brown, s'est montré un peu moins facétieux, et a simplement remarqué que les déclarations de Dawkins suivaient le constat selon lequel 1 père sur 8 seulement lit des histoires à son ou ses enfants, en Grande-Bretagne.

 

L'homme est rapidement revenu sur les propos qui lui étaient attribués, injustement d'après lui, par le festival : « Je n'ai pas, et je ne condamnerai pas les contes pour enfants », a-t-il insisté pour calmer la polémique suscité par les propos rapportés. « Toute mon existence a été consacrée à la stimulation de l'imagination, et les histoires pour la jeunesse ont leur rôle à jouer dans ce domaine. »

 

Il faut dire que même l'ancien ministre travailliste Tom Watson avait tweeté pour critiquer les propos rapportés de Dawkins, le qualifiant de « raseur sans âme »...