Pour se diffuser sans DRM, les auteurs se passeront d'éditeurs

Clément Solym - 09.03.2009

Edition - Société - DRM - diffuser - auteurs


L'avenir serait-il à l'auto-édition pour les auteurs ? C'est en partie l'analyse que formule Serge Soudoplatoff, suite à une lettre ouverte adressée à Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a, voilà peu, endossé la casquette de secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie.

La multiplication des pains, le credo du net

Pointant l'écueil sur lequel viennent - ou iront - immanquablement se briser les majors du disque, ce professeur de l'École Supérieure des Géomètres et Topographes pointe du doigt un élément souvent décrié dans le domaine des livres électroniques et du contenu numérique plus globalement : les DRM. Ces verrous qui empêchent le partage, l'échange voire la multiplication des fichiers, alors que c'est là l'essence de toute l'économie numérique.

Pointant divers articles parus dans des journaux américains, M. Soudoplatoff met en exergue qu'avec un tel comportement « l’industrie du contenu va mourir, parce que toute protection empêche une industrie de se transformer en innovant. Et comment va-t-elle mourir ? Par assèchement de son catalogue ». Point barre.

Diffusion maximale, sans aucun besoin d'éditeur

Mais surtout : « L’objectif numéro un d’un créateur moderne est de se faire connaître, et justement Internet le permet, en favorisant la transmission rapide de sa musique. Une excellente étude de 2003 publiée par la Sloan School a montré qu’Internet, au travers de l’effet “longue traine” (effet pas toujours très bien compris) avait apporté 500 millions de dollars supplémentaires à l’industrie du livre, uniquement en vendant des livres peu connus.

Si elle ne pense pas la modernité, l’industrie traditionnelle du contenu va peu à peu réduire son catalogue à un mélange d’artistes vieillissants et de “Star Academy”. Ce n’est pas très palpitant…
»

Vive le futur : construisons-le !

Le site est parfois un peu difficile d'accès, mais la réflexion est passionnante et redoutablement efficace. Une chose à retenir pour qui s'intéresse à ces questions par ailleurs : « L’économie de l’immatériel est une économie d’abondance, alors que l’économie matérielle est une économie de rareté. » À bon lecteur d'ebooks, salut !

Et de conclure : « Madame la Ministre, laissons donc les vieux modèles économiques mourir de leur belle mort, et construisons tous le futur, un futur qui sera supporté par un réseau à très haut débit symétrique. »