Pour son nouveau livre, Lena Dunham tente l'autopublication

Orianne Vialo - 19.05.2016

Edition - Société - Lena Dunham Is it Evil not to be Sure - Lena Dunham journal intime - Lena Dunham dernier livre


L’actrice et créatrice de la série Girls a surpris ses fans mardi en annonçant la publication de Is it evil not to be sure ?, un court pamphlet de 56 pages dans lequel la trentenaire livre des passages de son journal datés de 2005 et 2006. Passages écrits, pour l’anecdote, alors qu’elle était âgée de 19 ans. Cependant, l’actrice semble être passée outre son contrat conclu avec sa maison d’édition Random House pour cette publication. D’après l’éditeur, elle s’était engagée à publier « un certain nombre de livres par an » pour la coquette somme de 3,5 millions $. 

 

(David Shankbone / CC BY 3.0)

 

 

Pour la plupart des gens, la simple idée que des inconnus lisent des pans entiers de leur journal intime qu’ils ont écrit durant leur jeunesse pourrait être mortifiante. Mais Lena Dunham ne voit pas les choses de cette manière. 

 

Son titre Is it evil not to be sure ?, tiré à 2.000 exemplaires et annoté d’un petit mot écrit de la main de l’auteur, s’est vendu comme des petits pains, à l’image de son premier livre Not that kind of girl (2014, éd. Random House) qui a été traduit de l’anglais en français par Catherine Gibert et publié en France en 2014 aux éditions Belfond.

 

Décrit comme « candide, chaotique et parfois même poétique d’une jeune personne en passe de devenir adulte » sur Amazon, son ouvrage a fait un tabac : quelques heures à peine après que l’actrice l’ait mis en vente, tous les stocks papier avaient déjà été écoulés, mais l’ouvrage reste tout de même encore accessible en format numérique via Amazon et Barnes & Noble. Sur Kobo, il est indiqué que l’ouvrage est indisponible. 

 

Sur son site internet, Lena Dunham a expliqué qu’elle était retombée sur son ancien journal alors qu’elle se remettait d’une opération chirurgicale. « J’étais bien entendu complètement mortifiée, comme lorsque l’on se retrouve face à une ancienne version de nous-mêmes. » 

 

Mais pourquoi avoir mis en vente si peu d'exemplaires, elle qui était abonnée aux énormes tirages ? Tout simplement parce que l’auteure n’a pas suivi le chemin conventionnel. Lena Dunham s’est passé des services de son éditeur Random House pour publier Is it evil not to be sure ?​ par le biais de sa société Lenny — créée pour la publication de sa newsletter hebdomadaire Lenny Letter, résolument féministe, où éditos pointus, politiques, mode et pop culture sont écrits par des journalistes aguerris. 

 

En assurant elle-même la publication de son livre (qui pourrait bien être un bref aperçu de son prochain ouvrage), la jeune femme cherche peut-être à savoir si elle parvient à toucher autant de monde, et séduire les lecteurs sans l’aide de son éditeur, qui avait déboursé quelque 3,5 millions $ pour s'assurer ses livres

 

Les profits réalisés grâce à la vente de ces ouvrages iront tout droit à l’association Girls Write Now, une organisation qui fournit des mentors pour les étudiantes du secondaire issues des milieux défavorisés, et qui sont intéressées par l’écriture. 

 

Le premier livre de Lena Dunham, Not that kind of girl, avait été publié en 2014 et à l’époque acclamé par la critique. Dans cet ouvrage qui est rapidement devenu un best-seller, l’auteure expliquait qu’il « valait mieux pour notre santé mentale bannir à jamais le mot régime de notre vocabulaire, que dans la vie, il y a les hommes et il y a les connards, que New York est la plus belle ville du monde et qu’à la fin, puisqu’il n’y a rien, autant rigoler ».

 

(via Los Angeles Times)