Pour un Goncourt bonifié, travailler le relationnel avec le jury

Clément Solym - 27.10.2009

Edition - Société - Goncourt - Edmonde - prix


Aussi fidèle que les hirondelles au printemps, le Goncourt revient pour l'automne et la rentrée littéraire. Et c'est Edmonde Charles-Roux qui se colle aujourd'hui au jeu de l'interview pour France Soir, alors que le 106e lauréat du prix, que la dame de 89 ans récompensera cette année.

Le Goncourt, ce « survivant » qui « a traversé des années noires » tient toujours bon la route. Pourtant : « Il est d’ailleurs encore régulièrement accroché par la critique ou par des auteurs déçus de ne pas l’avoir obtenu. Ces derniers oublient que le Goncourt n’est pas un droit, mais une chance, un bonheur. »

Revenant sur les critères de jugement et de choix, Edmonde assure avant tout que l'Académie Goncourt ne fait pas preuve de machisme, quand on lui demande s'il est difficile d'être une femme. « Il n’y a pas d’un côté les femmes et de l’autre les hommes. Nous avons un sens très vivant de la camaraderie. Nous sommes avant tout des défenseurs du français, avec pour point commun notre amour des lettres. »

Mais dans tous les cas, cette dernière est certaine que le « niveau est très bon » dans la littérature francophone, « et peut-être même meilleur qu'avant ».

Pourtant, on appréciera l'intervention des trois maisons interrogées sur leur détachement en regard de cette folie des prix. C'est à La Différence et Joaquim Vital que l'on attribuera la plus censée des réflexions.

Si sa maison « souhaitait se positionner pour obtenir coûte que coûte un des grands prix d’automne, cela nécessiterait que deux attachés de presse consacrent l’essentiel de leur temps à “travailler” le relationnel avec les membres des jurys. Ce qui n’est pas dans ses moyens, et encore moins dans l’idée qu’il se fait de son métier ».