Pourquoi dystopies et mondes parallèles parlent aux ados

Julien Helmlinger - 02.06.2014

Edition - International - Veronica Roth - Alex London


L'écrivain rejoindrait parfois les boys bands et divas prépubères au rang d'icône suscitant l'hystérie des adolescents. Ce week-end à New York, à l'occasion de la BookExpo America qui se tenait au sein du Javits Center, l'auteure jeunesse Veronica Roth a été accueillie sur scène par une foule en liesse. Célèbre pour sa trilogie best-seller Divergent, l'écrivaine était accompagnée de son confrère et concitoyen américain Alex London pour évoquer Four : A Divergent Collection ainsi que Proxy, leurs prochaines publications respectives destinées aux ados.

 

 

 

 

Comme le rapporte USA Today, le traitement réservé à l'écrivaine par son jeune public aura été digne de ceux que l'on appliquerait plus généralement aux rocks stars. La foule n'aura visiblement pas manqué de saluer à renfort d'applaudissements les évocations de leurs personnages favoris et de même, de faire part de ses opinions négatives.

 

La trilogie Divergent évoque un monde dystopique divisé en clans, et où ceux qui n'appartiennent à aucun de ces groupes sont traqués pour cette divergence. Alex London lui a donc demandé pourquoi elle mettait à mal ses personnages que ses fans chérissent. Question ayant provoqué un « Yeah » général de l'assemblée, auquel l'auteure a répondu : « Les gens ne deviennent pas des gens forts en s'asseyant autour de la maison », c'est-à-dire qu'il leur faut bien quelques péripéties pour les endurcir.

 

Veronica Roth, âgée de 25 ans, a expliqué son choix de la fiction dystopique lorsqu'il s'agit de s'adresser à un public de jeunes adultes. Selon elle cette littérature de la catastrophe permet aux lecteurs de se rendre compte de l'importance de leur propre part de choix dans la vie. Elle entend ainsi leur faire se poser une question que doit se poser chaque protagoniste de sa saga, et qu'elle estime capitale pour tout ado entrant dans le monde des grands : « Qu'est-ce que je fais avec mon pouvoir ? »

 

Les sentiments des deux écrivains se rejoignent sur la question de savoir pourquoi la dystopie parle autant aux adolescents. En plaçant les lecteurs face à des situations de vie et de mort, le genre permettrait de leur faire prendre conscience de leur future place dans la société. Une leçon de vie que Veronica Roth choisit de donner sans concession, même si son lectorat s'entiche parfois de personnages fictifs.

 

Visiblement, il va encore y avoir de la casse dans le quatrième opus.




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