Pourquoi écrire ? L'argent ne peut être que la seule motivation

Clément Solym - 03.03.2009

Edition - Société - pourquoi - écrire - gagner


Colm Toíbín, romancier irlandais vient de confirmer l'adage de Samuel Johnson, lancé voilà plus de 300 ans : « Aucun homme, excepté, un imbécile n'écrirait, sauf pour de l'argent. »

Car en dépit de l'estime que lui apporte son métier et en dépit des prix littéraires obtenus, Colm explique qu'il ne prend pas spécialement plaisir à écrire. « Il n'y a pas de plaisir. Excepté le fait que je n'ai pas à travailler pour quelqu'un qui m'intimide », explique-t-il, laconique.

D'ailleurs, si plaisir il y avait, il l'associerait à une forme de narcissisme qui lui déplaît et qu'il désapprouverait, alors dont acte. Alors, pourquoi écrire ? « L'argent. » Il ne savait pas que son livre serait un succès, mais l'argent reste un moteur d'écriture fondamental. « Cela n'a rien à voir avec le plaisir. J'apprécie la vente des droits étrangers, mais ce sentiment ne dure pas plus de vingt minutes. »

Récemment, Colm a remporté le prix International IMPAC Dublin, qui confère à son lauréat une somme de 100.000 €.

Charles Dickens disait qu'il était décidé à faire autant d'argent qu'il lui serait possible de brasser avec ses romans, Dostoïevski et Balzac se battaient avec leur livre pour échapper à leurs créanciers...

Quant à la gloire..., elle est essentiellement névrotique, estime Colm. « Je ne pense pas que nous ayons le droit de jouir de nos névroses, et je crois même que nous avons le devoir de ne pas le faire. »