Pourquoi maintenir des coûts si élevés pour l'envoi de livres par La Poste ?

Victor De Sepausy - 22.05.2020

Edition - Economie - tarif poste livres - éditeurs libraires VPC - Poste tarifs livres


Sortie de crise sanitaire, momentanée, certes. Pour autant, la relance de l’industrie du livre doit passer par des mesures qui chambouleraient le monde ancien. Parmi elles, les tarifs postaux, qui font une nouvelle fois l’objet d’un texte collectif. Une trentaine de signataires se réunit pour interpeller les pouvoirs publics.

Castelnaudary_La Poste
 

Durant le confinement, la question des frais d’envoi de livres par La Poste a été soulevée. Alors que les librairies étaient condamnées à la fermeture — malgré les aménagements possibles — la vente par correspondance aurait offert une véritable alternative.

Dans un texte publié sur Médiapart, les organisations professionnelles (notamment de libraires, et d’éditeurs) rappellent ce que le livre incarne, justement. On parle de « cet objet qui active les sens humains, du toucher au regard pour saisir et méditer les textes et les images qui nous parviennent page après page ».

Or, depuis cinq ans maintenant, les modifications de tarifs Colissimo ont rendu presque impossible l’expédition postale des livres. Pour tout colis mesurant plus de 3 cm de hauteur, le coût est compris entre 6,35 € et 8 €. « [C]ela représente en moyenne 3 à 4 fois la rémunération de l’auteur et davantage que la marge du libraire. »

Et ce, alors que des plateformes contournent la législation actuelle interdisant la gratuité des frais de port avec une facturation de 1 centime d’euro. 

POUR LE LIVRE: 6 mesures

Dans les prochaines semaines, les prochains mois, les manifestations seront annulées, ou fortement diminuées, et aucune rencontre possible entre auteurs et éditeurs. Dans ce contexte, il faudra réinventer les échanges et parvenir à soutenir l’ensemble de la chaîne.

De là une nécessité d’instaurer un tarif postal calqué sur l’offre Livre et Brochure — réservée aux expéditions à l’étranger. « Cette solution de bon sens existe déjà dans des pays voisins : en Allemagne, par exemple, l’envoi d’un livre sur le territoire national coûte 2 € », notent les signataires.

Une mesure pourtant simple, qui tarde de toute évidence, mais qui faciliterait « l’échange et la circulation fluide des idées à travers tout le pays ». Un tel geste représenterait « un signe brillant, positif, résilient, une libération de l’envoi, une ouverture qui profitera à tous ».

Les signataires de ce texte sont les suivants : 

AMEB maisons d’édition de Bretagne,
Éditeurs associés de l’Est,
Éditeurs des Hauts-de-France,
coll. libris éditeurs en Pays de la Loire,
N2L éditeurs de Normandie,
Éditeurs de Nouvelle-Aquitaine,
ERO éditeurs de la région Occitanie,
Éditeurs du Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur,
EIRA éditeurs en Rhône-Alpes et Auvergne,
AETI éditeurs de Tahiti et des îles,
Jedi Paca, France Photo Book,
Les Éditeurs associés,
L’autre livre,
UEVI éditeurs de voyage indépendants,
SEA Syndicat des Éditeurs Alternatifs,
SLF Syndicat de la Librairie Française,
LILE libraires de l’Est, alip libraires en Pays de la Loire,
ARLL Mayotte, Libraires en Normandie,
LINA libraires de Nouvelle-Aquitaine,
Librairies Initiales,
Libraires Ensemble,
Comité Quartier Latin,
CIL Confédération de l’Illustration et du Livre,
MEL Maison des Écrivains et de la Littérature,
Pen club français,
FILL Fédération Interrégionale des agences du Livre et de la Lecture


photo Kathleen Conklin, CC BY 2.0


Commentaires
La question fondamentale ne doit pas être axée sur le coût mais plutôt sur la capacité à La poste de garantir ses engagements et aujourd hui ce n est plus du tout le cas.On a tous vu son engagement durant la crise du Covid !!!

Je ne serai pas étonné de voir la poste disparaître ou changer de nom...et le départ de son président walh avec ses stratégies hasardeuses qui plombent l economie française.
Bonsoir, ceci semble intéressant. Mais qu'en est-il pour les particuliers qui tentent d'arrondir leur fin de mois en vendant des livres (neuf ou occasions) sur plate-forme ? Pourront ils bénéficier de ce tarif avantageux ou cela ne concernera que les entreprises...?!🤔
j'habite en Corse et la livraison d'un livre style BD m'a couté 30€ !!!alors que le livre vallait 18€ ... Même si les frais sont plus élevés pour la Corse je trouve qd même que 30€ c'est trop cher .....
La poste est un monopole... Société privée ou pas. Nous n'avons pas le choix pour utiliser leur service. Ils augmentent leur prix, ce qui asphyxie les petites entreprises par rapport aux gros. Amazon fait du dumping avec les frais d'expédition et c'est très efficace comme stratégie. Il asphyxie lentement les petits commerçants et les moins petits aussi
La poste n'est plus un service public. Les tarifs ont explosé. Pendant le confinement le gouvernement n'a pas trouvé anormal qu'ils ne distribuent pas le courrier ou que les bureaux soient fermés. Moi, auxiliaire de vie je n'ai jamais arrêté de bosser, sans aucune prime, rien. L'aide aux personnes même par l'envoi de livres si elles ne leur rapporte rien, ils s'en moquent. Prenez la place, tous les travailleurs de la poste, vous verrez ce que cela fait de travailler vraiment.
Alors les aides existantes... euh... comment dire... Il est très compliqué de rentrer dans les clous : un % de ventes en librairie est demandé et cela oblige à avoir un diffuseur (ce qui est loin d'être le cas des indés). Les fonds de secours pour le Covid vont plus facilement aller à des gros qui peuvent justifier une baisse significative que des petits (qui vendent souvent en ligne). Maintenant, l'idée n'est pas de demander la charité mais d'avoir simplement des affranchissements à un tarif correct. Le prix pour envoyer un seul bouquin dépasse vite les 5€ et dès qu'on en a un ou deux en plus, on arrive vite aux 10... soit au moins la moitié du prix du livre, voire la totalité (selon le bouquin). A moins qu'en bout de chaîne, le lecteur accepte de payer un livre 5€ plus cher (au minimum)... mais cela va encore plus nuire à l'économie du livre.
Bonjour,

Pour répondre à pourkoipas21,

Je suis factrice et moi aussi je n'est pas arrêtée de travailler. Pas de prime non plus mais une direction qui profite de la situation pour reorganiser la distribution.

J'entends ou lis beaucoup de critique sur la poste et oui la poste n'est plus ce qu'elle est mais arrêter de dire qu'on ne travail pas, 100 colis (non prioritaires) par jour depuis le Covid j'aimerais bien vous voir à ma place. Nous sommes en première ligne et avons eu du mal à obtenir des masques. Ne rendez pas les facteurs et factices responsable de leur direction. Merci
Kiki 74 tout à fait d'accord avec vous! moi aussi je suis facteur….pendant le confinement on a distribué plus de colis que pendant la période de Noël. Donc le boulot on l'a fait et bien
0,90e pour un envoi en Belgique arrêtez les fausses informations
ah....c'est bien ce qu'il me semblait aussi ....
Pour ma part, cette mesure me gêne pour plusieurs raisons.



- Le premier bénéficiaire en serait Amazon. Cela ne viendrait qu'à renforcer ses marges en diminuant l'un des ses plus gros postes : les frais de port.



- Une telle demande permet de cacher une réalité gênante pour certains acteurs de la chaîne du livre. Amazon peut se permettre de ne pas pas facturer les frais de port, car les éditeurs lui accordent une marge bien plus importante que celle qu'ils accordent aux librairies traditionnelles. Amazon peut payer les frais de port, sa marge le lui permet. Pour les libraires, cela est impossible. La réponse à cette question des frais de port n'est pas à chercher dans une aide publique, mais dans une réflexion sur la marge minimum accordée aux libraires.



- Le métier de libraire n'est pas de vendre en ligne. Son métier n'est pas d’être un logisticien. Si celui-ci le fait ; à terme une partie de sa clientèle va se détourner de sa boutique et ne plus y venir, et viendra la question : "Pourquoi garder un magasin avec ses frais élevés, si je peux faire mes ventes par le net ?" Ce sera la multiplication des "librairies-garage" qui ne seront que des entrepôts. La librairie n'a de raison d'être que si le client se rend dans le magasin. Il ne le fera que si il y fait des découvertes et qu'il repart avec un livre qu'il n'avait pas prévu d'acheter ; définition littérale du mot shopping, adaptée un monde du livre.



- Il reste un cas spécifique : les éditeurs. Le coût de transport d'un seul livre peut être supérieur à la marge de celui-ci. Ce qui va être un obstacle pour les petites livraisons vers les librairies. Il y a le système Prisme qui apporte une première solution. Peut-être faut-il un tarif postal spécifique pour ces cas ? Mais il est dangereux d'avoir une activité économique bénéficiant d'une subvention, celle-ci finissant toujours par disparaître.



Marc Georges

La Demeure du Livre
Pour répondre à Marc Georges :

Mais pour approvisionner le libraire, il faut bien lui envoyer les livres à la base...

Pour ma part, de façon très pragmatique : quand je vends un ou deux livres à un libraire, je perds surtout du temps (logistique et suivi compta) car entre le coût de l'envoi, le temps passé et la remise au libraire, il n'y a aucune marge dessus.

J'ai regardé un peu pour Prisme et c'est une usine à gaz, pas du tout pratique pour des petits volumes.



L'idée d'avoir un tarif postal bien moins coûteux serait justement de pouvoir aussi contrer Amazon : il s'agirait avant tout d'un choix sociétal et éthique pour un éditeur d'être dessus ou pas. Au lecteur ensuite de faire son choix de modèle économique.

Déjà, on obtiendrait les mêmes tarifs postaux qu'Amazon, tout le monde s'en porterait bien mieux.
je ne comprends pas cette obsession de

- se comparer à Amazon

- faire comme Amazon

- lutter contre Amazon

- ressembler à Amazon

- détruire Amazon

- jalouser Amazon

- envier Amazon

- craindre Amazon

- redouter Amazon

- amazoner Amazon

la solution est sans doute ailleurs

les colosses existent et ont toujours existé, dans tous les domaines

ce n'est ni bien ni mal , mais juste une réalité

au lieu de vouloir se comparer à ces colosses , un chinois cherche à être plus malin ou à le contourner plutôt qu'à s'affronter à plus fort que lui

apprenons à être plus malins, nous savons le faire (la ligne Maginot, ça vous parle ?....)



Toute la chaîne du livre est à revoir : le premier scandale est la misérable rémunération des auteurs. Commençons pas là, le reste n'est qu'une affaire de logistique.

Et en effet, comme le dit un contributeur , défendre le livre/la création littéraire c'est d'abord défendre les librairies , défendre l'échange et le rapprochement social et non la distanciation sociale si vous voyez ce que je veux dire... Le vrai problème actuel semble être celui des "petits" éditeurs concernant des envois unitaires de livres. Il n'y a pas de solution miracle , mais si les gros éditeurs acceptaient de jouer le jeu, un système de PEREQUATION pourrait être mis en place (sur le modèle des aides que l'Europe veut mettre en place pour relancer l'économie suite à l'épidémie ou sur le modèle de contribution des états aux organisations internationales) ....voilà selon moi la vraie solution "socialisante" : le grand aide le petit, le riche aide le pauvre, le fort aide le faible... et ce système d'entraide profitera à l'ensemble de la profession qui en sortira grandie. Enfin Puisque certains évoquent la Belgique et leurs frais de port , n'oublions pas aussi leur devise :

L'UNION FAIT LA FORCE !

bonne journée à tous
bonjour il est vrai qu'un mensonge répété 100fois reste un mensonge. Je mettrai juste un bémol à votre théorie affirmant que "C'est juste que pour une fois, ce n'est PAS LE CLIENT QUI PAIE" ; détrompez-vous : in fine, c'est bien le client dans 90 % des cas qui paie , mais souvent de manière déguisée. Regardez attentivement les tarifs de certains grands groupes ou plateformes et vous comprendrez vite que sous des apparences charitables, les prix des articles sont gonflés pour compenser les frais de livraisons plus ou mois "offerts". Rien n'est offert et Je ne connais aucun commerçant philanthrope ... d'ailleurs le but du commerce n'est pas de donner mais de vendre. Ce qui est acceptable tant qu'on ne prend pas le client pour un gogo. Bonne journée.
Vous avez raison, Alex, sur les produits standards : la plupart sont gonflés pour couvrir les frais de transports. Il faut toujours vérifier sur le site marchand pour voir si c'est une bonne affaire. C'est une façon générale de procéder : on compare toujours, pour savoir si c'est le meilleur prix (pas parce que c'est marqué sur la vitrine d'un site).

En revanche, c'est TOUJOURS vrai pour les livres, puisque le prix du livre est unique... Donc le client Amazon LECTEUR est toujours gagnant.
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