Poutine au G20 de Brisbane ? Un nostalgique de l'idéologie soviétique

Clément Solym - 29.08.2014

Edition - International - Vladimir Poutine - G20 Brisbane - livres espoir


Les 14 et 15 novembre prochain, le Sommet du G20 se déroulera à Brisbane, en Australie, réunissant les pays membres, suite à la demande de la première ministre d'Australie, Julia Gillard. Or, parmi les chefs d'État invités, on retrouve Vladimir Poutine, qui, selon une auteure et journaliste russe, n'a rien à faire là-bas. 

 

Official visit of Prime Minister of the Russian Federation

Russian Federation by UN Geneva, CC BY NC ND 2.0

 

 

Masha Gessen est assez claire sur le sujet, et plutôt excédée par ce qui ressemble à de la naïveté de la part des Occidentaux. Que les analystes s'acharnent à tenter de comprendre ce que font les troupes russes dans les terres ukrainiennes, alors que Poutine nie leur présence, l'agace. C'est que le président russe prend les Occidentaux pour des imbéciles sur la question de l'Ukraine. « Ce que cela signifie, c'est qu'il peut raconter toute la merde qu'il veut et qu'est-ce que vous allez faire contre ça ? »

 

Gessen est l'auteure d'un livre, The Man Without A Face, qui raconte toute l'ascension de Poutine depuis la bureaucratie du KGB, jusqu'au Kremlin. Or, pour cet Occident un peu bêta, quelle que soit l'action ou la réaction, tout ne viendra qu'envenimer les choses, et aggraver la situation. Alors, comme toute riposte militaire est exclue, le seul choix est moral – pas stratégique. 

 

« Comment se comporter vis-à-vis de quelqu'un qui viole les principes mêmes que votre pays défend ? Vous l'isolez. Vous arrêtez de lui serrer la main. Vous arrêtez de rapporter ses propos, en faisant comme s'ils avaient du sens. » Donc, Poutine Delenda Est du G20, et qu'on en finisse.

 

Poutine incarne toute la contradiction du politique avec la nostalgie de l'ère dominante du régime soviétique, dont l'idéologie actuelle est farouchement anti-occidentale. Que ce soient les législations portant atteinte à la liberté des homosexuels, la répression brutale contre toute forme d'opposition, ou contre les médias dissidents, ou encore la guerre en Ukraine, rien ne laisse penser que ce dirigeant ait sa place au sein du G20.

 

« Tout cela n'est qu'une guerre, menée contre l'Occident. L'idéologie derrière cette guerre, c'est l'idée qu'il existe un conflit civilisationnel. Il y a une partie d'Occident dont la Russie dit qu'elle a le droit d'exister. » Mais, problème, les droits universels de l'Homme, ne sont pas vraiment ce que le président souhaite importer en priorité dans son pays. 

 

Gessen sait, et parle en toute connaissance de cause. Sans dire que les États-Unis sont un territoire plus enviable, elle se souvient du moment où elle est revenue vivre en Russie, avec sa compagne et leur enfant. Les autorités leur ont rendu la vie impossible. Et c'est un avocat russe qui lui a apporté la solution : retourner à l'aéroport, et reprendre l'avion pour partir. 

 

Quant au futur de la Russie, « je ne vois aucune raison d'espérer ». (via SMH)