PPDA et Hemingway, Houellebecq et Wikipedia : même combat ?

Clément Solym - 05.01.2011

Edition - Justice - ppda - hemingway - houellebecq


C'est assez dingue d'interroger un avocat qui soit autant parti pris dans une histoire de plagiat. Et pourtant, vous en rêviez, Le Monde l'a fait. Me Emmanuel Pierrat, auteur, éditeur, et on en passe, répond à nos confrères dans l'histoire d'un PPDA accusé de plagiat. (notre actualitté)

Bon, le fin mot de l'histoire, ce serait tout de même que le journaliste s'en sorte en reconnaissant, soit qu'il n'a pas relu le livre qui porte son nom, soit, mieux, qu'il reconnaisse qu'on lui en a attribué la paternité par mégarde. Une manière de passer sous les fourches caudines, mais en sauvant les meubles.

Cela dit, l'avocat ne manque pas dans sa démonstration de faire sourire, surtout quand il assure qu'« il est très difficile pour un éditeur de détecter une contrefaçon ». Un comble. Et presque une excuse formulée à demi-mots, pour dire que vraiment, les éditions Arthaud ne l'ont pas fait exprès, et qu'après tout, comme d'autres grandes maisons, elles sont peut-être responsables, mais, comprenez, leur travail est tellement délicat...

La seule chose qui importe reste cependant la suivante : « La question qui se pose dans le cas de la biographie d'Hemingway écrite par Patrick Poivre d'Arvor est : les éléments repris appartiennent-ils réellement à la vie d'Hemingway, auquel cas ils peuvent se retrouver dans d'autres biographies ? Ou sont-ils originaux et propres à l'auteur de la biographie supposément plagiée ? »

Et effectivement, c'est sur ce point qu'il faudra trancher. Et définir si le texte tel qu'établi par les éditions Arthaud font oeuvre de contrefaçon ou non. Parce qu'ainsi que le rappelle l'avocat, le plagiat, en termes juridiques, cela rentre dans l'appellation contrefaçon, tout simplement.

De son côté, l'éditrice du livre avait fait valoir les excuses suivantes : « Suite à l’article publié par l’Express.fr, au sujet de la biographie à paraître de Patrick Poivre d’Arvor, Hemingway, la vie jusqu’à l’excès, les Editions Arthaud tiennent à préciser que le texte imprimé, qui a été diffusé par erreur à la presse en décembre, était une version de travail provisoire. Elle ne correspond pas à la version définitive validée par l’auteur, dont la commercialisation en librairie est prévue fin janvier. »

Un goût de déjà-vu

En revanche, le petit malicieux qui nous a signalé la publication de l'article n'a pas manqué de pointer un élément particulièrement vicieux. Dans la définition que Me Pierrat donne de la contrefaçon, il évoque, sans le vouloir, un événement récent, qui avait préoccupé l'auteur récompensé d'un Goncourt, et son éditeur.

En effet, la contrefaçon « englobe aussi bien la copie pirate d'un livre que l'emprunt de quelques lignes ou de la trame d'un scénario ».

Quelques lignes ? Même si elles appartiennent à l'encyclopédie Wikipedia ?

Allons...