PPDA : Nicolas Sarkozy m'a tuer - et fait licencier

Cécile Mazin - 29.03.2013

Edition - Société - PPDA - Nicolas Sarkozy - licenciement


Le bouc émissaire préféré du PAF vient de publier un nouveau livre, Seules les traces font rêver. Si les amateurs de poudreuses seront saisis d'amusement, le livre ne sort pas dans ‘La Blanche', de chez Gallimard. En revanche, on y retrouvera des traces de frein violentes, et autres règlements de compte que le journaliste met en ordre de marche.

 

 

 

 

Selon lui, le président de la République, Nicolas Sarkozy, à peine en poste, lui aurait demandé de se tenir prêt pour un poste dans le gouvernement de François FIllon. Puis, virement d'intentions, c'est pour la présidence de France Télévisions que le journaliste est évoqué par l'Élysée. « Je lui répondis que le titulaire du poste, Patrick de Carolis, était un ami et que, venant moi-même d'être fraîchement débarqué de ma propre chaîne, je n'avais pas l'intention de participer à un quelconque putsch. »

 

Dans Le Point, qui publie plusieurs bonnes feuilles extraites de l'ouvrage, ce sont d'autres aveux de ce genre que l'on retrouve, toujours présentant les relations tendues entre le président et le journaliste. Mais c'est aussi par Valérie Pécresse que PPDA fut contacté : « Elle m'avait contacté par l'intermédiaire d'un ami, Denis Tillinac, (et) m'avait demandé avec insistance de figurer sur sa liste, en numéro deux à Paris, derrière Chantal Jouanno. Je lui répondis que je n'étais pas intéressé par cette consultation-là ni par cette implantation géographique, et que, surtout, je ne souhaitais pas être embrigadé dans le moindre parti. »

 

La crise est atteinte quand le journaliste, en plein 20h de TF1, compare le président fraîchement élu à un « petit garçon ». La réaction serait alors venue de Martin Bouygues, qui est patron de TF1 et proche du président : PPDA n'est « pas près d'être réinvité à l'Elysée ». La sanction commence. 

 

Le temps passe, mais pour le journaliste, le constat est évident : c'est à Nicolas Sarkozy qu'il doit son licenciement de TF1 :

 

Dans le cas de Nicolas Sarkozy, les escarmouches avaient donc commencé dès la première interview à l'Élysée. Mais cela ne m'avait pas empêché d'être de nouveau désigné par Patrick Le Lay et Étienne Mougeotte pour représenter TF1. Par trois fois. Ensuite, dès qu'arriva Nonce Paolini à la tête de la chaîne, tout changea. Je sus alors que les coups de boutoir en provenance de l'Élysée étaient quotidiens. (…) Maints amis en cour au Château m'alertèrent (…) Après avoir obtenu le scalp d'Alain Genestar, le directeur de Paris-Match (…), le chef de l'État avait souhaité le mien.

 

Une situation que lui aura confirmée par la suite un certain Patrick Buisson, conseiller du président. « Travaillant par ailleurs pour le groupe TF1, il fut chargé par Nonce Paolini de présenter au chef de l'État le schéma de mon exfiltration (une semaine avant que je sois au courant de quoi que ce soit). » Et voilà que le départ du PPDA aurait été « sinon voulue, du moins avalisée par le président ». 

 

Rappelons enfin que le titre est emprunté à une citation de René Char, dans le recueil La parole en archipel : « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. » Le livre de PPDA doit, lui, sortir le 4 avril.