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PPR : vendre Fnac ou mettre en Bourse ? (MàJ)

Clément Solym - 07.10.2012

Edition - Economie


Quelques jours à peine après avoir mis en vente deux nouveaux modèles de lecteurs ebook, toujours en partenariat avec le Canadien Kobo, Fnac risque de voir son avenir sensiblement modifié. En effet, le grand patron, François-Henri Pinault, s'apprête à annoncer une redéfinition de la politique du groupe PPR. Laquelle passerait par la mise en vente du secteur distribution. Et donc de Fnac. 

 

 

 

Le Journal du Dimanche explique en effet que, selon certaines sources, l'enseigne Fnac et celle de La Redoute auraient un effet néfaste sur le cours de l'action à la Bourse. Dans ce contexte, la vente, même à perte des deux enseignes aurait pour conséquence de faire remonter le cours de manière importante. 

 

« Une fois recentré sur le luxe, il bénéficiera d'une valorisation bien meilleure, de plus de 50% », certifie le JDD. Une idée qui fait affreusement échos aux propos du syndicat CGT, qui confiait à ActuaLitté, en janvier dernier que la société n'avait « aucune volonté de conquérir des parts de marché, bien au contraire. C'est une expression manifeste et parfaite d'un actionnaire qui réclame plus de dividendes [NdR : nous soulignons], et montre qu'il n'est pas satisfait. Aucun plan pour reconquérir des parts de marché n'a été présenté, et c'est une recherche d'économie de masse salariale pour satisfaire l'actionnaire PPR ». (voir notre actualitté)

 

Entre redressement et recul du CA

 

Pour l'heure, aucune confirmation n'est venue de la famille Pinault, mais l'on se souviendra que durant l'été 2011, Fnac avait connnu la mise en place d'un plan quinquennal, Fnac 2015, axé sur la suppression de postes. D'autre part, Conforama avait été cédé voilà deux ans, accentuant la séparation de tout ce qui n'était pas à proprement parler du domaine du luxe. 

 

Les sources citées par le JDD, anonymes assurent qu'une mise en vente de La Redoute et Fnac serait officialisée à l'occasion d'une réunion de la direction, cette semaine. FHP aurait, au préalable, préparé le terrain, assurant que PPR réaliserait une annonce concernant Redcats, outil de vente à distance, avant la présentation des résultats du 3e trimestre, ce 25 octobre. Or, Redcats comprend bien La Redoute et Fnac, entre autres, dans ce qu'il resterait à céder. 

 

Nos confrères rappellent également que le chiffre d'affaires de Fnac est en recul depuis 2011, soit 4,16 milliards €, avec un résultat de 103 millions €. Alexandre Bompard, proche de Nicolas Sarkozy, avait d'ailleurs été nommé pour assurer un redressement de la société, mais également lui fournir les atours les plus séduisants, pour que la mariée puisse plaire à son futur prétendant.

 

Situation qui se dégrade

 

Elément à apporter au dossier, PPR annonçait fin août la fermeture de l'établissement Fnac, situé à Aubervilliers, alors que l'enseigne avait ouvert quelques 17 mois plus tôt. « Nous sommes contraints de fermer ce magasin relativement à des conditions économiques insuffisantes », déclare Fnac, interrogé par ActuaLitté. « La fréquentation du centre est en dessous du chiffre annoncé initialement. » Même si le centre commercial du Millénaire, en périphérie de Paris, affirme hier dans un communiqué que la fréquentation est en « croissance régulière », avec « un rythme annuel de 6 millions de visiteurs », pour la Fnac, il n'a clairement pas atteint ses objectifs.

 

André Chapuis, délégué syndical CGT, a malgré tout montré son étonnement, pointant que cette fermeture ne faisait que s'ajouter à certaines autres, avec actuellement 3 sociétés en PSE. « Surtout, ça vient en contradiction avec les déclarations de M. Bompard qui annonçait un plan de compétition et non pas de défense. Là on est plutôt dans un plan de défense que dans un plan d'investissement ». (voir notre actualitté)

 

 

 

Chose qui ne manque d'ailleurs pas d'ironie, au moment où l'information de la possible, sinon probable, mise en vente de l'enseigne, une campagne email vient de tomber dans les boîtes des adhérents, pour annoncer des campagnes de promotion allant jusqu'à - 80 % [voir illustration ci dessus...].

 

Mise à jour 17h28 :

 

Contacté par ActuaLitté, Paul Michon, responsable des relations presse de PPR, assène le refrain qui lui est réservé pour toute l'après-midi : « PPR est un groupe qui ne communique pas, c'est la politique de la maison ». Ce n'est donc ni une confirmation, ni une infirmation de l'article du JDD, considéré comme « une rumeur ». Le responsable nous explique d'ailleurs que la vente de la Fnac avait déjà été annoncée en 2009, et que les deux pôles que sont la Fnac et La Redoute ont de toute façon « vocation à sortir du groupe, qui fait des acquisitions et des cessions ». Que PPR se sépare de l'enseigne semble donc un objectif à court ou moyen terme, pour un groupe qui recentre son activité sur l'habillement et les accessoires, dans les domaines « du luxe, du sport et du lifestyle » (comme le partenariat avec Yoox.com, pour le e-commerce), termine Paul Michon.

 

Mise à jour 8/10 :

 

L'avenir de Fnac devient légèrement flou. Selon le Figaro, un conseil d'administration est prévu pour mardi soir, afin d'évoquer le programme de scission. Ainsi, PPR se séparerait bien de Fnac, aux alentours du 1er semestre 2013 - dès lors que les actionnaires auront approuvé la décision. Dans un second temps, les Échos assurent, pour leur part, que Fnac pourrait également être placé en Bourse, ce qui pose de petits problèmes de logistique, en regard d'une séparation. 

 

L'AFP, pour sa part, croit savoir que le conseil d'administration serait plutôt consacré aux modalités de cession, ainsi qu'au calendrier qui sous-tendrait à la vente de l'enseigne.