Pratchett écoeuré : 'On peut obtenir du viagra, mais rien contre Alzheimer'

Clément Solym - 17.08.2008

Edition - Société - Terry - Pratchett - Alzheimer


Dans une tribune poignante, Terry Pratchett parle de son expérience de la maladie d'Alzheimer, qu'il a révélée en décembre 2007. Une maladie « désagréable et redoutée », parce que personne n'en sort guéri. La bonne nouvelle, est que depuis peu, un médicament nommé Aricept existe et peu ralentir la progression du mal : il ne coûte que 2,5 £ par jour. La mauvaise est que le National Health Service, le système de santé publique anglais, en a exclu l'utilisation, partout, sauf en Écosse.

40.000 personnes sont touchées au Royaume-Uni. Après trois mois de traitement, Terry constate une véritable amélioration et bien qu'âgé de 65 ans, il fait partie des patients atteints précocement. « Moi, je suis millionnaire, et je n'ai donc pas de problème pour payer, mais il y a des gens qui ne peuvent pas. »

Pour travailler, « seule la frappe au clavier est difficile » ; il faut prendre le temps de se concentrer. De toute façon, « je ne prendrai pas ma retraite, je vais écrire jusqu'à ma mort. C'est ma passion ».

Du viagra gratuit, mais rien contre Alzheimer

Sa rage vient de ce que l'on peut se procurer gratuitement du viagra via le système de santé, mais que l'on refuse l'Aricept : « Je voudrais bien savoir sur quelle base sont prises ces décisions, parce que certaines d'entre elles ne font pas vraiment sens. » Et est-ce vraiment le rôle d'un organisme public, donc chapeauté par l'État, de fournir du viagra ?

Quand le cancer devient de plus en plus une maladie combattable, Alzheimer reste, elle, implacable. Et le NHS n'est clairement pas adapté pour ce type de soins. « Il est très bien pour des soins de base ou des urgences », mais sûrement pas dans des cas plus complexes.