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Pratchett revient à la science-fiction, façon univers parallèles

Clément Solym - 18.06.2010

Edition - Les maisons - electron - univers - parallèles


Avec l'âge, on reviendrait systématiquement à ses premières amours ? Si Terry Pratchett s'est largement fait connaître avec le Disque-Monde, cet univers déjanté et hilarant, on sait peut-être moins qu'en 1986, il avait entamé The Long Earth, un roman de science-fiction... Mais le succès rencontré par le Disque-Monde l'a poussé à continuer dans cette voie, et après le troisième opus, décision fut prise de se consacrer à la tortue, ses quatre éléphants et le disque qui leur pèse sur les épaules...

En fouillant dans les archives de son auteur, l'agent Colin Smythe est ainsi tombé sur un roman inachevé - The Long Earth - et deux nouvelles, que Terry avait entamé - mais laissés de côté. Basé sur la théorie quantique, le postulat est celui d'une infinité de terres, chacune étant différente d'un électron. La question est : comment des personnages pourraient passer de l'une à l'autre de ces planètes, avec les contraintes de découverte et d'adaptation que cela implique.

Pour The Long Earth, Pratchett pourrait coécrire avec Stephen Baxter, largement pressenti, mais pas encore officialisé. « Le plus agréable dans le travail avec lui, c'est que d'une manière ou d'une autre, l'un de nous deux peut résoudre à peu près n'importe quel problème. Ça va être drôle », assure le romancier.

Le premier tome sortira chez DoubleDay au printemps 2012, et Pratchett est particulièrement excité à l'idée des paradoxes que ses romans pourront générer, autant que des situations rocambolesques à venir, explique-t-il au Guardian. Et avec l'humour dont il a toujours fait preuve, nul doute qu'il sera encore brillant. Mais attention : de l'humour, parce que la situation s'y prête, d'accord, mais pas pour le plaisir de placer une blague, faut pas non plus abuser.

L'occasion également pour lui de donner une belle illustration du petit différend qui l'a opposé à Neil Gaiman autour de la série Doctor Who. Terry s'était montré assez dur en jugeant cette série : « Sur la planète Terre, il est généralement tenu pour acquis qu'il est de mauvais ton d'introduire dans un récit une solution de dernière minute qui est totalement inattendue et rocambolesque. »

En réponse, Neil Gaiman lui avait gentiment opposé que cette série n'avait pas vocation à être de la hard science-fiction, c'est-à-dire où les technologies décrites ne sont pas en contradiction avec les connaissances scientifiques connues au moment de la rédaction du livre, ou du scénario... Nous verrons bien où Pratchett se place...