Précarité à la BnF : un protocole de fin de grève signé par l'intersyndicale

Joséphine Leroy - 20.07.2016

Edition - Bibliothèques - BnF syndicats direction - BnF grève mouvement social - Bibliothèque nationale de France


Après des mois de conflit avec la direction, la CGT-BnF vient d’annoncer que les personnels concernés, notamment les vacataires, avaient finalement obtenu gain de cause. Pendant trois mois, les représentants de l’intersyndicale CGT, FSU et SUD Culture avaient appelé à la grève, dénonçant ainsi des conditions de travail qu'ils jugeaient détériorées et une politique qualifiée de régressive.

 

BnF exposition Casanova

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0) 

 

 

« C’est une belle victoire qui n’aurait pas pu avoir lieu sans la mobilisation des personnels. » La CGT-BnF se félicite des mesures négociées avec la direction. Ce 15 juillet, l'intersyndicale constituée par la CGT-BnF, FSU et SUD Culture a signé un protocole de fin de grève. 

 

Dès la fin du mois d’avril, la CGT-BnF appelait à une mobilisation contre la politique gouvernementale et la Loi Travail, mais aussi contre la gestion des contractuels, autrement dit des « vacataires ».

 

Les syndicats critiquaient un manque de cohérence entre la politique gouvernementale et la politique interne à la BnF. Prenant appui sur une instruction ministérielle sortie en 2015 sous l’impulsion de Fleur Pellerin, une porte-parole du Syndicat avait confié au micro d’ActuaLitté que le ministère « voulait adopter une doctrine de gestion pour ces agents contractuels, les sécuriser dans l’emploi. Le ministère proposait que les agents vacataires passent sur des contrats de 110 heures ». 

 

Fin avril, la BnF mettait en avant des contraintes budgétaires : « La BnF nous dit que c’est impossible de faire ainsi. Il y a une incohérence entre les politiques du ministère et celles des établissements publics. » Après quelques progressions dans les négociations au mois de mai et un manque de données chiffrées du côté de la direction concernant le nombre de postes à pourvoir dans le recrutement des magasiniers, la tempête s'était calmée, mais les projets de grève restaient d'actualité.  

 

Trois mois après les premières manifestations, la CGT-BnF dit avoir obtenu les mesures suivantes : 

 

  • arrêt des suppressions de postes prévus pour 2017 
  • amélioration du déroulement de carrière des agents avec la mise mise en place d’un groupe de suivi où seront présentes les organisations syndicales
  • intégration d’une trentaine de nouveaux magasiniers afin d’anticiper les départs (il s’agit de la liste complémentaire du recrutement sans concours de 2015) 
  • passage en CDI de tous les « vacataires » en CDD (sur besoin permanent) création d’un groupe de travail afin d’améliorer les conditions de travail des magasiniers 
  • augmentation du temps de travail des « vacataires » (passage à 110 h / mois, c’est le maximum légal)