Près d'un livre sur cinq en France est autopublié

Clément Solym - 16.06.2017

Edition - Economie - observatoire dépôt légal - bibliothèque nationale france - livre lecture édition


La Bibliothèque nationale de France vient de publier l’Observatoire du dépôt légal 2016, pour la sixième édition. Ce document s’appuie sur les statistiques de l’établissement, en tant que lieu d’accueil de tout ce qui est produit – mais également de préservation du web depuis 2006. Et 2016 apporte son lot d’informations intéressantes.


Salon Livre Paris 2017
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Premier fait saillant, le recul de l’imprimé devant le numérique pour une grande partie de l’édition périodique – en 2016, les deux tiers de la presse érotique et pornographique ont basculé sur internet. Par ailleurs, dans le secteur du livre, l’autopublication concerne désormais près d’un ouvrage sur cinq. 

 

Si en 2015, l’industrie du livre avait connu un certain ralentissement, avec 76 287 livres enregistrés, elle repart de plus belle en 2016, avec 77 986 ouvrages. C’est en partie dû au fait que l’on trouve plus d’éditeurs déposant leurs livres : 8 224 éditeurs actifs, contre 8 039 en 2015 et 8 325 en 2014.

 

Les primo-déposants sont 2 831 en 2016 – une certaine stabilité « majorité d’auto-éditeurs (47 % en 2016 contre seulement 38 % en 2012), suivis des éditeurs professionnels (25 %) puis d’associations (18 %) ». Avec 9,9 livres déposés en moyenne par éditeur en 2012, la tendance reste stable en 2016, à 9,5 (semblable à celle de 2015). 

 

Le plus important des déposants n’est autre qu’Edilivre, suivi de l’Harmattan, puis Hachette et Gallimard – preuve également que l’autopublication a le vent en poupe. Pour 2016, 17 % des titres déposés relevaient de l’autopublication. « En 2016, 1 335 primo-déposants autoéditeurs ont été comptabilisés, soit près de la moitié des nouveaux déposants », note la BnF. 


 

Géographiquement, un éditeur déposant sur trois est francilien – et un sur cinq strictement parisien. Le Rhônes-Aples est la région qui vient immédiatement après, avec 11 % des dépôts. « La proportion des tirages initiaux réalisés en France continue à baisser : 70 % en 2014, 68 % en 2015 et 66 % en 2016. En volumétrie de titres différents imprimés, la production française est en baisse depuis 2014 et retrouve son niveau de 2011. » 

 

Par ailleurs, la fiction continue d’être le genre le plus en vogue avec 40 % de la production, fait en constante progression. 

 

romans (21 % du total des publications), 

littérature pour la jeunesse (10 %) 

bandes dessinées (7 %) 

poésie (4 %), 

théâtre (1 %) 
 

D’ailleurs, la jeunesse avec 9 769 titres représente 13 % des ouvrages parus – avec 81 % de fiction et 19 % de documentaires. 

 

La traduction grimpe également : 30 % de la fiction était traduite en 2016, et 56 % de la bande dessinée.

« 16 013 livres sont des traductions, soit 21 % de la production, contre 18 % en 2015. L’anglais est la principale langue traduite : plus de la moitié des traductions et plus de 1 livre sur 10. Le japonais est la deuxième langue originale de traduction, avec 1 922 titres signalés en 2016, soit 12 % du total (dont 1 686 bandes dessinées). Les autres langues les plus traduites sont l’allemand, l’italien et l’espagnol. »



 

Enfin, tout autre chose : 2016 marquait une année préélectorale, et si François Hollande a fini avec une cote de popularité desastreuse, il aura tout de même bénéficié de 15 publications dédiées – ainsi qu’un livre signé par lui – contre 13 l’année d’avant. « Alain Juppé se place au 2e rang avec 10 ouvrages : 5 sur sa personne, 3 rédigés par lui et 2 préfaces dont il est l’auteur. Emmanuel Macron a clairement suscité de l’intérêt avec 3 ouvrages sur lui (un de lui et deux préfaces), mais Nicolas Sarkozy se positionne devant lui avec 4 titres sur lui (et un de lui). »

 

Chose intéressante, tous les candidats des primaires pour Les Républicains ont fait paraître un ouvrage en 2016.

 

Enfin, au nombre des concepts éditoriaux singuliers repérés en 2016, on peut mentionner le pari des Éditions Underground, une jeune maison d’édition spécialisée en littérature fantastique, qui a choisi de décliner les ouvrages qu’elle édite, en plus d’une version papier et d’une version E-book, sous forme de version numérique sur clé USB, intitulée le USeBook ou livre-USB.

 

Elle vise ainsi à offrir une visibilité aux ouvrages numériques sur les présentoirs des librairies et à garantir une version sans DRM, propre à séduire les acheteurs. 

Du côté des revues, la paléontologie, l’astronomie ou les titres relatifs aux essais littéraires apparaissent alors comme les secteurs les plus dynamiques mais leur importance numérique reste faible.