Près de 20.000 ouvrages censurés dans les prisons en Floride

Heulard Mégane - 17.08.2019

Edition - Société - censure livre - censure prison usa - livre censuré floride


Le premier amendement de la Constitution des États-Unis protège la liberté d’expression, la liberté de religion, et la liberté de la presse. Pourtant dans les prisons de Floride, beaucoup d’ouvrages sont censurés, par le Département de l’administration pénitentiaire. Trop ? À ce jour, près de 20.000 titres sont interdits aux détenus. 
 
Ichigo121212 de Pixabay 

L’avocat Reggie Garcia, l’auteur de How To Leave Prison Early : Florida Clemency, Parole and Work Release a fait les frais de cette censure. Son titre vise à apporter une aide juridique aux détenus, des informations sur leur situation et les moyens pour en sortir. 

Garcia affirme : « Ça n’a aucun sens. Tout ce qu’il fait [le livre], c’est expliquer la loi de la Floride pour aider les détenus et leurs familles à comprendre leurs options et leur admissibilité. » Dans son livre, il cite le nom d’un détenu, ce qui serait la cause de son interdiction. 

Pourtant l’auteur explique : « Ils ont cité une obscure règle administrative interdisant de nommer des détenus... mais les "informations d’identification" sont sur le site web du Département de l’administration pénitentiaire, il est donc stupide de bloquer le livre. »  
 

Des règles imprécises 
 

La raison d’une interdiction peut être floue, les tribunaux autorisent le personnel pénitentiaire à interdire les publications si elles servent un « intérêt pénologique légitime ». Donc si un livre représente une menace pour l’ordre ou la sécurité, il ne sera pas autorisé.
 

Le gouvernement Chinois bloque et contrôle le
contenu de certaines librairies en ligne 


Le règlement d'admissibilité des livres de la Floride comporte 13 catégories et 11 sous-catégories qui empêchent une publication d’être lue derrière les barreaux. Généralement, l’interdiction sera due à la présence d’un contenu à caractère explicitement sexuel ou violent. 

Une interdiction générale des publications n’est pas possible, selon la Cour suprême, chaque édition doit être examinée afin de déceler tout contenu inapproprié. Un Comité de revue de la littérature, dont les membres ne sont pas connus, se réunit deux fois par mois pour examiner des livres et des magazines.

Pourtant lorsqu’un livre de coloriage est censuré Exotic Chickens : Coloring for Everyone, a Fun Anti-stress Coloring Book, ou The Simpson’s Rainy-Day Fun Book de Matt Groening, des ouvrages avec comme sujet l’aryanisme sont autorisés Aryan Nation Catalog et The Kidnapping and Brainwashing of our Aryan Children.

Les éditeurs, les auteurs et les avocats des droits civils affirment que le Département de l’administration pénitentiaire utilise son pouvoir de censure de manière intéressée, en ciblant certains contenus rédactionnels, ce qui est contraire aux principes du premier amendement.
 

Contraire au premier Amendement


Alex Friedmann, membre du Centre de défense des droits de l’homme (CDDH), pense que ce système de censure dans les prisons est parfois arbitraire, voire absurde. Et particulièrement en Floride : « La Floride est beaucoup plus conservatrice et beaucoup plus punitive en matière de droits civils. »

Il rajoute : « Si vous lisez le Premier Amendement, il n’y a pas de note de bas de page qui dit que les prisonniers n’obtiennent pas les droits du Premier Amendement. En tant qu’éditeur, nous avons le droit d’envoyer nos publications aux gens et inversement ces gens ont le droit de lire nos publications.»
 

Un détenu noir privé de lecture en Arizona 


Plusieurs organisations, dont La First Amendment Foundation et la Florida Press Association, se sont ralliées à l’HRDC dans l’écriture d’un rapport contre l’utilisation de la censure à outrance.

Dans le rapport on peut lire : « L’imprécision de la règle contestée permet aux responsables de l’établissement pénitentiaire d’interdire n’importe quelle publication pour non-respect présumé de la règle, même si le motif réel de la saisie est le désaccord des responsables avec le contenu rédactionnel.»

Les rquatre premiers tomes de Games of Thrones sont par exemple interdits, car il y a des illustrations de cartes de Westeros. 

Friedmann indique : « Et vous allez dire que c’est insensé. C’est de la fiction. L’endroit n’existe même pas. Et c’est vrai. Mais ce sont des cartes. Et les cartes sont verboten. Et vous direz que ça n’a aucun sens. Et vous aurez raison. C’est pourquoi des procès sont nécessaires pour contrer la censure injustifiée des documents que les gens ont le droit de lire.»

De nombreux ouvrages d’aide juridique ou de manuels de développement personnel, qui peuvent être bénéfiques pour un détenu, sont également censurés. Voici la liste des titres non-autorisés. 

Via Tallahassee Democrat.




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