Prescription médicale de livres : une solution pour guérison

Clément Solym - 04.02.2013

Edition - International - bibliothérapie - anxiété - dépression


Se sentir bien dans sa peau passera par les lectures apaisantes que l'on se fera prescrire. Au sens médical du terme. Mens sana in bouquino sano, c'est tout de suite, avec la campagne lancée en Grande-Bretagne, depuis la British Library. La Reading Agency, organisme caritatif, a préparé le terrain durant les mois passés, et voilà que la réalité prend forme. 

 

 

How to prepare the skull for surgery, brain exposed, c. 16th century

brain_blogger (CC BY 2.0)

 

 

Le programme a été impulsé la semaine passée, et la directrice de la Reading Agency, Miranda McKearney, pose une évidence. « Il existe un constat de plus en plus évident, qui montre que l'auto-assistance par la lecture peut aider les personnes atteintes de certains troubles de santé mentale, à aller mieux. » Ainsi, une trentaine de titres « délivrés sur ordonnance » (sic !) propose de s'épanouir et de guérir en parallèle. 

 

L'organisation Reading Agency, cherche à mettre en relation des communautés locales et des bibliothèques, pour offrir les meilleures solutions aux personnes qui souhaitent trouver de quoi lire. En l'état, le programme d'aides aux malades va se consacrer à trouver pour les six millions de personnes souffrant d'anxiété et de dépression, des livres susceptibles de leur venir en aide. 

 

Les lectures seront prescrites non par de simples avis laissés au hasard des fiches-produits d'Amazon, mais bien par des spécialistes et professionnels de la santé. Ces derniers vont structurer une bibliothèque complète, avec des ouvrages qui traitent de tous les sujets comme la dépression chronique, et une trentaine de titres approuvés par ces partenaires du monde de la santé. 

 

De véritables et authentiques ordonnances de lectures seront alors délivrées. Mais la liste ne sera pas du tout axée sur des livres de développement personnel, ou simplement des essais et autres livres de psychologie. On devrait y trouver  des romans, de la poésie, voire même des classiques, le tout approuvé par les autorités de la santé publique. En outre, les lecteurs-patients seront invités à se retrouver dans des groupes de travail au sein de bibliothèques, pour partager, façon Alcooliques Anonymes... 

 

Pallier un manque sociétal

 

Pour surmonter ses problèmes de colère, d'angoisse ou d'irritabilité, le tout au nom du bien-être de toute la nation britannique, voilà autant de bonnes raisons de suivre. Outre-Manche, plus de six millions de personnes souffrent d'anxiété et de dépression, et les deux tiers ne suivent aucun traitement, ni ne sont simplement suivis. 

 

C'est qu'en Grande-Bretagne, un précédent programme « The Books On Prescription scheme », qui est basée sur l'approche du psychologue Neil Frude, professeur pionnier du Pays de Galles, basé à Cardiff. Selon lui, un régime alimentaire bibliogéré pourrait avoir des vertus sur les efforts des consommateurs qui cherchent à mincir. 

 

Au Pays de Galles, 30.000 d'entraide sont empruntés chaque année et trois sur les dix plus empruntés sont des livres de développement personnel. 

 

Dans le même ordre d'idée, une société londonienne a décidé de s'ouvrir au concept, en développant un principe de suivi et de conseils de lectures, sur la bibliothérapie. Une consultation est préalablement engagée au cours de laquelle les patients discutent de leur vie et de leurs préoccupations afin de définir également quel type d'ouvrage leur conseiller.

 

Bien que The School of life aime définir son processus comme « l'art de prescrire des romans pour faire face aux difficultés de la vie », Ella Berthoud, bibliothérapeuthe, affirme que « la lecture ne remplace pas un psychothérapeute. Mais elle apaise les maladies de l'esprit, du cœur et de l'âme ».