Prescription : on ne navigue pas au hasard sur Amazon

Xavier S. Thomann - 22.02.2013

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Une étude relayée par le magazine Forbes nous permet de mieux connaître les pratiques des internautes sur le plus célèbre des sites de vente en ligne, Amazon. On y apprend notamment qu'un nombre important de clients vient sur le site en sachant précisément ce qu'ils entendent acheter. Autrement dit, les conseils prodigués par le site sont rarement suivis. 

 

 

 

 

On observe ainsi qu'Amazon ne joue pas un rôle très important dans le domaine de la prescription littéraire. 48 % des acheteurs savent ce qu'ils veulent, et ce n'est pas sur Amazon qu'ils ont fait leur choix. À vrai dire, beaucoup d'entre eux ont déjà repéré le livre dans une librairie en bonne et due forme. 

 

Ce qui rejoint un reproche fait par les libraires à l'égard de la firme de Seattle. Ils reprochent au site de profiter de leur travail de promotion et de mise en valeur des oeuvres. On a déjà entendu des libraires déplorer que les lecteurs venaient chez eux pour se faire une idée de l'offre avant d'aller faire leurs emplettes sur internet. 

 

Les libraires l'ont mauvaise, puisqu'ils ne profitent bien sûr pas des ventes qui découlent de leur travail de promotion. Et c'est autant de travail en moins pour Jeff Bezos et ses troupes. Les 50,000 employés de la multinationale ne seraient-ils bons qu'à expédier des bouquins aux quatre coins du monde ? 

 

En effet, les recommandations du style « d'autres ont acheté... » ne représentent que 10 % des ventes, preuve que les internautes ne cèdent pas à la tentation — ce n'est pas faute d'insister. 

 

En revanche, ce qui marche mieux ce sont les listes de bestsellers et les promotions, 29 % au total. Quant aux autres formes de recommandations présentes sur le site, elles ne produisent que des résultats négligeables. En d'autres termes, Amazon se situe au bout de la chaîne, et le site n'est pas le lieu de découvertes dont on parle parfois. 

 

Enfin, on peut lire ces chiffres comme un encouragement pour les éditeurs à continuer la promotion telle qu'ils l'exercent aujourd'hui. La prescription se fait en dehors d'Amazon, et souvent par les moyens les plus anciens qui soient, le bouche-à-oreille par exemple.