Préserver l'héritage littéraire d'Orwell en Birmanie

Clément Solym - 12.09.2013

Edition - International - Birmanie - George Orwell - maison


C'est en Birmanie que George Orwell puisa l'inspiration, dans une maison qu'il habita vers les années 20. Dans son livre Une histoire  birmane, on retrouve tout un pan de ce pays qui, des décennies plus tard, sortant d'un demi-siècle de dictature militaire, redécouvre l'héritage de l'écrivain. Et comptant parmi les plus critiques vis-à-vis du régime de l'époque. 

 

 


 

 

Un collectif d'artiste s'est d'ailleurs lancé dans une tentative de préservation de la demeure où vécut Orwell. « J'essaie de faire ce que je peux pour restaurer tous les bâtiments dans le livre et d'attirer l'attention sur le pays et la ville », explique l'un d'entre eux, Nyo Ko Naing.

 

La maison, aujourd'hui en ruine, est située au nord du Myanmar. Sur deux étages, son mobilier est recouvert de toiles d'araignées. Elle est abandonnée dans un jardin tropical et située à 255 km - soit 13 heures de train - depuis Mandalay. Le collectif souhaiterait que la maison soit changée en musée, afin de réchauffer l'économie. L'idée n'est pas anodine : au cours des années, avec l'ouverture du pays, de plus en plus de touristes se sont lancés sur les traces d'Orwell. 

 

On vient d'Allemagne, de Suède, d'Amérique, explique le révérend Daniel Stay Htan, auprès de l'AFP. « Ils viennent ici pour voir les lieux réels du roman. »

 

 

 

 

Sous le nom d'Eric Blair, Orwell arriva en 1922, et travailla durant cinq ans comme policier dans le pays, alors sous domination britannique, en tant que policier. Nyo Ko Naing souligne que tout ce qui entoure la maison se retrouve dans le livre. « Orwell, pour son livre Une histoire birmane, a abondamment puisé dans ce qui l'entourait ici. Je pense que cette maison, comme tous les autres endroits dans son livre, devrait être changée en musée. »

 

Il y relate son aventure d'officier dans les forces de l'ordre, interrogeant le devenir de l'Angleterre en tant que puissance coloniale. Il brosse un tableau sombre des Européens qui y vivent, de leur consommation d'alcool et des mauvais traitements dont les Birmans sont victimes. Mais les locaux ne sont pas épargnés, comme ce magistrat dépeint tel un intriguant obèse et corrompu. 

 

Pourtant, si la légende est belle, rien n'assure qu'Orwell ait réellement vécu dans une si grande maison, et surtout éloignée de la ville urbaine. Des témoignages rapportent qu'à l'époque, l'écrivain était d'ailleurs un policier très conventionnel, loin des critiques féroces contre le totalitarisme que l'on trouve dans 1984 ou La ferme des animaux. 

 

Qu'importe, estime Nyo Ko Naing : son héritage, pour la Birmanie, reste précieux.