Préserver le patrimoine des Emirats Arabes Unis avec la numérisation

Clément Solym - 27.11.2012

Edition - International - Emirats Arabes Unis - Patrimoine - Numérisation


Des historiens, aux Émirats Arabes Unis, estiment que l'ebook enrichi de contenu multimédia constituerait la solution la plus à même de conserver le patrimoine immatériel dans l'optique de documenter les générations futures. Dans un pays où les richesses héritées du passé ne résident pas tant dans les objets ou dans l'architecture que dans des pratiques anciennes et une tradition orale, l'alternative numérique semble tout indiquée. Un point de vue rapporté par The National. 

 

 

 

Pour le Dr Mohammed Yahia, professeur d'histoire et d'archéologie de l'université des Émirats Arabes Unis, le patrimoine immatériel du pays sera difficile à transférer aux générations à venir par l'intermédiaire du seul papier. L'histoire orale fait d'ailleurs partie des priorités nationales.

 

C'est pourquoi il prédit une hausse de l'utilisation de la technologie numérique à des fins de conservation du patrimoine, en arguant que la méthode pourrait préserver les dialectes régionaux tout en invitant les contributeurs à engager un dialogue sur l'histoire du pays.  

 

Il affirme : « Nous n'allons pas avoir une personne pour protéger ce patrimoine. Il sera partagé par le cerveau social de la société et c'est ce dont nous avons besoin pour cette sorte d'héritage. »

 

Internet est un outil qui fait désormais partie des habitudes des élèves des Émirats Arabes Unis, avec un important taux d'utilisation qui n'est plus à démontrer. Le numérique serait donc susceptible de mieux capter l'attention des jeunes générations.

 

La dispersion du patrimoine est une autre singularité propre au pays.  À l'international, les instituts des Émirats devraient pouvoir bénéficier du soutien des archivistes afin de récolter des reliques de l'histoire disséminées entre l'Europe et l'Orient. Là encore, la numérisation pourrait jouer un rôle pour profiter de manière optimale de ces ouvertures. 

 

Le doyen des bibliothèques nationales, le Dr Hassan Al Naboodah, déplore néanmoins plusieurs bémols inhérents aux spécificités du monde arabe. Selon lui, les éditeurs arabes on pris du retard dans l'utilisation du format PDF ou de la publication numérique en général. ET plus préoccupant pour lui sont les problèmes liés au plagiat ou au manque de référencement.

 

Il a dénonce : « Le livre peut être publié dans un pays et le lendemain, vous pouvez le trouver dans un autre pays avec un autre auteur. Il ya donc un manque d'authenticité, un manque de confiance, un manque de qualité, de bonne présentation et de méthodologie. »

 

Il conclut finalement : « Je pense que nous sommes toujours en mouvement, mais très lentement. »