Presque centenaire, la Librairie Niçoise victime du coronavirus

Gariépy Raphaël - 31.07.2020

Edition - Librairies - Librairie beaux livres - Nice institution - fermeture crise


Après 89 ans d’existence, la Librairie Niçoise est contrainte de fermer ses portes. Cette institution spécialisée dans les livres anciens et les beaux-arts était en difficulté depuis quelques années, le coronavirus lui aura porté le coup de grâce. 
 
Livres anciens
 

Située rue Defly, à deux pas de la vieille ville de Nice, la librairie avait pignon sur rue depuis presque 100 ans. Des livres rares, parfois plus anciens que l’établissement lui-même, garnissaient les rayonnages. Les couvertures de cuir et l’odeur de vieux papier régnaient en maître et semblaient éternelles. 

Mais, ce 31 août, l’aventure s’arrête. Ces quatre derniers mois, Thierry Desouche, le gérant, a réalisé à peine un quart de son chiffre d’affaires habituel et s’est rendu peu à peu à l’évidence : il allait devoir fermer. La volonté de fêter les 100 ans de la boutique et la passion des livres n’y change rien, le métier devient trop difficile.

« Ça faisait plusieurs années que je me posais la question, j’étais en difficulté, voire en grande difficulté. J’ai une famille, continuer serait dangereux », confie ainsi le libraire à nos confrères de France Bleu

Cet ancien cadre dans une multinationale a eu le temps de voir venir : depuis qu’il est entré dans ce métier, il y a 16 ans, près de 50 % des librairies spécialisées ont disparu. Derrière ces chiffres, ce sont aussi quatre de ses collègues qui ont dû mettre la clé sous la porte. 


La suite ? 


Les boutiques passent, les livres restent. Si les étagères de bois ne seront bientôt plus là, les ouvrages, eux, vont simplement changer de main. Avant de partir, Thierry Desouche doit écouler une partie de son stock et propose des prix particulièrement bas pour les œuvres qu’il sait ne pas être adaptées à la vente en ligne. 

Cette braderie convient à tout type de porte-monnaie. L’heureux propriétaire d’un capital conséquent pourra s’offrir l’ouvrage le plus cher de la boutique, estimé à 35.000 €, mais les bourses plus modestes trouveront aussi leur bonheur parmi les nombreux ouvrages qui se monnaient au prix d’un poche. 
Le libraire de son côté va continuer l’aventure sur internet, mais rien ne sera jamais pareil, et un plaisir unique, qui faisait le sel de son métier risque de disparaitre : « Celui de pouvoir transmettre à un gamin ou une gamine de quinze ans qui entre pour la première fois. Lui faire toucher un papier un peu rare, un peu granuleux, les différents types de cuir, lui expliquer le plaisir d’une belle typographie, d’un livre bien imprimé avec de jolies marges, qui permet de lire plus intelligemment... Ça, ça va me manquer. »

Crédit photo : illustration, Frédéric BISSON, CC BY 2.0


Commentaires
Ainsi, le virus numéroté s'est AUSSI attaqué aux livres? On aura tout vu, pardon , on aura tout écrit...
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