Prêt d'ebook : Les intérêts de Hachette, "similaires à ceux des auteurs"

Nicolas Gary - 15.05.2013

Edition - Bibliothèques - prêt d'ebooks - Hachette Book Group - livres numériques


La commercialisation d'une offre de livres numériques à destination des bibliothèques, aux États-Unis, a fait grand bruit voilà quelques semaines. En effet, Hachette Book Group, la filiale américaine du groupe français, a décidé, après deux années d'expérimentations pilotes, autour du prêt en bibliothèques, de généraliser son offre. Dans un entretien exclusif, accordé à ActuaLitté, un porte-parole de HBG nous décrit les grandes lignes de cette mise en place.
 
 
 
 
C'est qu'au cours des deux années passées, HBG a proposé « une sélection représentative d'ebooks aux bibliothèques », à travers le territoire, et dans des villes permettant de disposer d'un éventail significatif, démographiquement. « Ce que nous avons découvert, sur les modèles de lecture et de prêt nous a aidés à définir une formule pour notre offre de livres numériques », nous précise-t-on.
 
C'est que, pour le prêt d'ebooks, la question du modèle économique est primordiale. Dans le contexte du livre imprimé, le rachat de livres est obligatoire. Or, comme le précisait Cory Doctorow, il est inutile d'imposer au livre numérique les défauts du papier. Comprendre : pourquoi reproduire le modèle d'ouvrages qui se dégradent et que l'établissement doit racheter ? 
 
Ainsi, pour garantir leurs revenus, certains éditeurs avaient opté pour des modèles particulièrement alambiqués : chez HarperCollins, le prêt était limité à 26 itérations, avant que l'ouvrage numérique ne doive être racheté. HBG a choisi une autre voie.
 
« Nos nouveaux livres numériques seront disponibles pour les bibliothèques pour un montant de trois fois le prix du livre physique originel et pourront être empruntés un nombre illimité de fois (pour un seul lecteur à la fois). La bibliothèque achète une fois l'ebook. Si elle choisit d'attendre une année après la publication de l'ouvrage, une fois qu'il est entré dans le fonds de catalogue, le prix sera ramené à une fois et demie le montant du grand format », explique HBG. 
 
5000 titres à venir, JK Rowling comprise
 
Dans un premier temps, c'est un catalogue de 5000 titres qui sera proposé aux bibliothèques de prêt, et qui devrait croître avec le temps. Pour ce faire, l'un des enjeux sera de parler avec les auteurs, pour les amener à participer. « Les intérêts de HBG sont similaires à ceux de nos auteurs - nous souhaitons tous que les oeuvres soient disponibles sur autant de marchés que possible. Mais nous voulons également en définir une valeur qui reconnaisse les efforts extraordinaires de ceux qui se sont impliqués dans leur création et leur diffusion ». 
 
Or, parmi les auteurs importants, cruciaux, dans le catalogue de HBG, on trouve le dernier ouvrage de J.K. Rowling, Une place à prendre (The Casual Vacancy). Quand on sait combien la romancière a protégé la diffusion numérique d'Harry Potter, la question des bibliothèques et du prêt d'ouvrages est tout de même particulière. En tant qu'éditeur, HBG nous assure toutefois que le livre sera bien présent dans le catalogue des ebooks en prêt, pour tous, dans les établissements scolaires et publics.
 
L'un des derniers points que nous souhaitions aborder, qui revient régulièrement dans l'actualité, c'est le positionnement des bibliothèques dans la vente de livres numériques, particulièrement. Aujourd'hui, cette solution est évoquée au Royaume-Uni, comme une possibilité pour obtenir des fonds leur permettant de maintenir de leur service. Et ce, alors que les établissements ont tendance à voir fondre les budgets publics. Sur cette question, HBG a une autre position.
 
« Les bibliothèques ont pour mission de fournir des services et des ressources de grande qualité à leurs usagers. Notre partenariat repose sur une compréhension simple : nous allons proposer des livres que nous publions, et les usagers les retournent à l'établissement quand ils ont achevé leur lecture. Si un client souhaite acheter un livre, nous pensons que cette personne devrait se le procurer en dehors de la bibliothèque, auprès des nombreux canaux de commercialisation existant. »