Prêt numérique : les bibliothécaires attaquent l'édition et Amazon

Antoine Oury - 25.10.2019

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Aux États-Unis, les bibliothécaires se sont lancés dans une vaste campagne de sensibilisation : prêter des livres numériques coûte trop cher et se révèle trop compliqué. Une autre étape vient de s'engager avec la dénonciation des pratiques des éditeurs et d'Amazon devant une commission de la Chambre des représentants. Celle qui s'intéresse aux pratiques anticoncurrentielles.

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(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


L'association des bibliothécaires américains (American Library Association, ALA) passe à l'étape supérieure : l'organisation a déposé un témoignage devant une commission de la Chambre des représentants américaine pour dénoncer des pratiques anticoncurrentielles de l'édition et d'un acteur dominant, Amazon. « Les bibliothèques sont prêtes à payer un prix juste pour des services à la hauteur : en réalité, les établissements ont dépensé 40 milliards $ ces 10 dernières années pour acquérir du contenu », indique le document.

Les bibliothécaires dénoncent, malgré ces investissements conséquents, un abus de position dominante et des pratiques anticoncurrentielles qui auraient limité l'accès aux œuvres au format numérique, pour les usagers américains.

« Le plus grand obstacle pour les bibliothèques est celui créé par les fins de non-recevoir de la part des sociétés : un refus de vendre des services, peu importe le prix », relève l'ALA. Ainsi, les ouvrages publiés par Amazon Publishing sont-ils tout simplement inaccessibles aux bibliothèques : la société de Jeff Bezos refuse purement et simplement les prêts dans les établissements.

Autre cible de l'ALA, dans son témoignage : les plus grands éditeurs américains, connus comme les « Big 5 », soit Hachette Book Group, HarperCollins, Macmillan Publishers, Penguin Random House et Simon & Schuster. Prix trop élevés des livres numériques destinés au prêt, conditions trop restrictives ou encore embargo entre la parution et la mise à disposition des titres pour les bibliothèques, les motifs de récrimination sont nombreux.

« Refuser ou repousser l'acquisition de nouveaux contenus par les bibliothèques représente sans aucun doute un abus du marché. Cela prive également les bibliothèques des moyens d'accomplir leur mission démocratique, pour assurer une égalité d'accès à l'information à tous les Américains », appuie l'ALA.

L'organisation dénonce des obstacles similaires dans la diffusion de contenus, notamment des séries, en streaming. Les conditions d'utilisation de nombreuses plateformes, Netflix et Hulu en tête, n'autorisant que des projections privées des contenus, voilà qui met les professionnels dans une situation délicate. D'autant plus que ces contenus audiovisuels ne sont pas disponibles, la plupart du temps, sur des supports physiques.
 

L'association des bibliothécaires réserve aussi un sort à l'édition de manuels scolaires et de contenus académiques, coupable elle aussi de hausses des prix inconsidérées et de gestion des données des utilisateurs plutôt contestable...

Le bureau de l'association annonce un important travail à venir, dès la semaine prochaine, pour sensibiliser les représentants, dans chacun des districts électoraux, et ainsi mobiliser les législateurs.

L'ensemble du témoignage est accessible à cette adresse.



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