Prêt numérique : Pirate Ta BD ! arrive dans la bibliothèque d'Aulnay

Nicolas Gary - 05.01.2016

Edition - Bibliothèques - bande dessinée - prêt numérique - pirate ta bd Aulnay


La Bibliobox, petit outil ingénieux et fruit du travail chapeauté par un bibliothécaire américain, Jason Griffey, poursuit son développement... dans les établissements français. Le réseau des bibliothèques d’Aulnay-sous-Bois vient d’intégrer des œuvres issues de l’opération Pirate ta BD que porte notre BDZMag national. 

 

 

 

Depuis plus de deux ans maintenant, BDZMag fournit des bandes dessinées numériques dans les réseaux bibliobox. Le nom de code de l’opération, Pirate Ta BD !, remonte aux premières origines du site, octobre 2012, et propose aujourd’hui une sélection de livres contemporains et d’autres, tirés du domaine public. En tout près de 80 BD à découvrir, en toute légalité : « Cette action n’a pas pour unique but de donner des bds gratos sur le réseau, cela n’aurait aucun sens en soi. Elle permet de toucher un public déjà habitué à la lecture numérique (le lectorat que l’offre légale n’a pas convaincu), de sauvegarder, regrouper le travail d’un auteur en une archive lisible offline (blog et webcomics).

 

Nous arriverons également à sensibiliser l’internaute que le partage n’est pas forcément illégal, que, derrière une bd il y a un auteur qui a besoin de soutien. Il est clair que beaucoup d’entre vous (auteurs en l’occurrence) ne croient pas au marché de la gratuité », précisait le site à l’époque de ce lancement.

 

Il s’agit de placer les œuvres numériques dans différents formats (CBR et/ou PDF) tout en les inscrivant dans une logique de licence Creative Commons. Les auteurs acceptent donc cette alternative au droit d’auteur traditionnel et pour l’internaute, concrètement, cela implique que :

 

– vous pourrez partager, copier, distribuer, transmettre ces œuvres. 

– vous devrez créditer les auteurs et la source BDzmag.com de ces œuvres. 

– vous ne pourrez pas utiliser ces œuvres à des fins commerciales ; vous ne pourrez pas modifier ces œuvres.

 

Expérimenter, et travailler la pédagogie

 

De son côté, la Bibliobox a été introduite à Aulnay en octobre 2012, sous le doux nom de PirateBox. Elle vient, dans le cadre de ce partenariat, de s’enrichir de sept titres BD pour l’établissement de Dumont. Ces œuvres sont proposées par les auteurs, par l’intermédiaire du BDZMag, qui choisit la diffusion numérique gratuite. En autorisant le partage de leurs œuvres, ils légalisent cette forme de distribution auprès des lecteurs. Toute la liste des œuvres disponibles au téléchargement se retrouvera à cette adresse.

 

Thomas Fourmeux, bibliothécaire et assistant multimédia à Dumont, qui s’occupe de la Bibliobox, indique que l’outil et son utilisation restent encore marginaux. « C’est un dispositif prototype qui évolue : il peut avoir encore des problèmes de stabilité ou d’ergonomie. Il faut notamment en améliorer son aspect esthétique. » 

 

De même, le numérique est encore un usage à la marge : « Auprès des jeunes publics, la Pirate Box a un effet de séduction immédiat, mais parce qu’ils pensent y trouver les derniers films. Quand on leur parle de propriété intellectuelle, on les perd rapidement », précise-t-il avec un sourire. 

 

 

 

David Revoy, l’un des auteurs ayant pris part à cette opération avec Aulnay, explique : « Je veux donner aux autres le droit, celui d’utiliser, de changer et même de commercialiser leurs projets utilisant Pepper&Carrot.Toutes pages, dessins et autres contenus ont été fabriqués avec des logiciels libres (Gnu/Linux), et toutes les sources sont sur ce site (menu » Sources »). L’utilisation commerciale, les traductions, les fan-arts, l’impression, les films, les jeux vidéo et le re-partage sur le net sont encouragés. Je vous demande seulement de me citer en retour comme étant l’auteur original. »

 

Et actualité oblige, Jason Griffey a annoncé une nouvelle version logicielle 2.1 officielle pour la Bibliobox. « Cela assure que le projet est toujours actif, et apporte de nombreuses améliorations, dans la stabilité et pour la traduction », note Thomas Fourmeux. Des discussions sont actuellement en cours, notamment avec Bibliothèques Sans Frontières. « L’idée est de pouvoir utiliser le dispositif et le mettre en place en Afrique, avec les contenus culturels dont seront chargées les Bibliobox. »