Prêter serment sur un livre jeunesse “parce qu'elle déteste la Bible” : l'infox cille (et le marteau)

Victor De Sepausy - 31.08.2020

Edition - International - jurer serment Bible - infox éducation sexuelle - masturbation élèves cours


Dans un monde de fake news épidémiques, les livres deviennent régulièrement objets de méprise. Ajoutons-y une couche de puritanisme (et de traditions) bien américain, et l’infox fonctionne à plein. La surintendante en charge des écoles publiques d’Arizona s’est de la sorte retrouvée accusée des pires maux…  



Dans les médias, hâtifs, on lisait pis que pendre de Kathy Hoffman : elle « déteste tellement la Bible » qu’elle a prêté serment sur un livre du Dr Seuss. Et, plus préoccupant encore, elle encourage l’éducation sexuelle des enfants, proposant d’une part un cours de masturbation aux enfants et maternelles, d’autre part, des approches des différentes positions sexuelles. En plus — n’en jetez pourtant plus… — elle veut maquiller les garçons !

Tout cela part d’un présupposé : le législateur aurait l’obligation de jurer sur la Bible. Rien du tout en réalité : les fonctionnaires se rompent à cet exercice, mais aucune obligation légale ne les contraint à jurer sur quoi que ce soit — la Constitution américaine (voire une copie numérique), des livres de droit, ou des textes religieux. 
 
De fait, la Constitution indique que « nul test religieux ne sera jamais exigé comme qualification à une fonction ou la confiance en un employé public des États-Unis ». 
 

Campagne d'intox à grande échelle


Madame Hoffman a donc choisi de prêter serment, en janvier 2019, sur le livre Too Many Moose, de Lisa M. Bakos. « Il a beaucoup de valeur sentimentale pour moi parce que c’est le livre favori de mes étudiants », assure-t-elle. Et à aucun moment elle n’a affirmé détester la Bible.


Kathy Hoffman

 
Quant aux autres accusations, elles découlent d’un biais remontant à 2019 : elle avait alors demandé au conseil de l’État d’Arizona de changer le registre de langue dans certaines des règles touchant à l’éducation sexuelle dans les établissements. 

Elle introduisait également des nuances, comme de ne pas séparer garçons et filles lors d’un cours d’éducation sexuelle, ou encore que ne puisse pas être interdit « l’enseignement d’actes et pratiques sexuels anormaux, déviants ou inhabituels ». En somme, que l’on ne surprotège pas les élèves en escamotant des informations qui pourraient leur être utiles. 

Sa proposition fut alors renvoyée dans les cordes, mais elle ne la représenta pas.

« Les questions d’orientation sexuelle ou d’identité de genre sont personnelles, et les conversations sur ces sujets devraient avoir lieu entre parents, élève et adultes de confiance, qui sont au fait de la situation personnelle de chaque élève », a balayé Richie Taylor, directeur des communications du surintendant à l'AP.


crédit illustration : mohamedmatar CC 0


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