Prêter un ebook en bibliothèque : entre sécurité et accès au savoir

Clément Solym - 25.11.2011

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La décision momentanée de l'éditeur Penguin, qui a souhaité suspendre le prêt de livres numériques en bibliothèque pour des raisons de sécurité, a reçu divers accueils dans la profession. C'est qu'après les États-Unis, c'est au tour du Royaume-Uni de subir les mêmes restrictions.


Dans un second temps, Penguin s'est ravisé : les ouvrages précédemment disponibles sont revenus au catalogue des établissements, mais il n'y aura pas de nouveautés avant quelque temps. Combien ? Rien n'est précisé. Et dans un communiqué, la filiale britannique de Penguin explique que conformément à la politique mise en place outre-Atlantique, l'éditeur a décidé de repousser la sortie de nouveaux titres en numérique, disponible au prêt en librairie.

 

Et ce, sans revenir sur le rôle essentiel des bibliothèques dans l'écosystème numérique, ni sur leur importance dans l'économie de la maison. Ce qui ne change cependant rien à la décision prise.

 

Dans une autre communication, Penguin souligne qu'Amazon a pris contact avec le groupe, pour plaider non-coupable. Ignorant des accords passés entre OverDrive et Penguin, le cybermarchand se dit tout disposé à travailler plus en avant pour répondre au mieux aux préoccupations sécuritaires de l'éditeur.

 

Insulte aux partenaires

 

Durant l'intervalle, l'American Library Association a réagi assez vivement aux décisions de l'éditeur, considérant ce retrait des titres comme « une insulte aux bibliothécaires, alors que nous avons été les meilleurs clients des éditeurs durant des années ». Carrie Russell, directeur de l'ALA, pointe en effet que les lecteurs viennent désormais aussi en bibliothèque pour pouvoir profiter de l'offre numérique.

 

Et tant que l'éditeur n'aura pas levé son embargo sur la diffusion de nouveautés, le service des établissements restera supsendu. Sans oser ajouter que d'autres maisons ont des comportements plus agressifs encore en la matière.

 

« Nous soutenons le prêt gratuit, parce que tout le pays profite largement quand l'accès à l'information à possible pour n'importe quel citoyen, sans qu'il soit question de payer. » Et de conclure que les bibliothèques sont toujours du côté des éditeurs. Mais eux, ont-ils décidé de tirer une balle dans le pied de leurs associés ?

 

Justement, les responsables de Random House, maison qui avait, à plusieurs reprises, manifesté sa volonté d'entrer dans ce marché, est également intervenu. Sans changer de position sur le sujet, l'éditeur assure continuer à négocier et échanger pour arriver à trouver une offre qui soit pertinente. Avec pour objectif de rendre ses ouvrages disponibles, évidemment, mais dans les meilleures conditions.

 

La sécurité avant tout ?

 

Enfin, c'est la so british Publishers Association, qui a décidé de rentrer dans l'arène, pour apporter son plein et entier soutien à Penguin UK. Il est impératif, estime l'association, que l'on puisse trouver « le juste équilibre en l'accès aux oeuvres et la protection du droit de nos auteurs », jure Richard Mollet, directeur.

 

Selon lui, la position aujourd'hui prise par Penguin reflète complètement les doutes et appréhensions soulevés par la PAR sur le prêt de livres numériques. « Alors que nous sommes et avons toujours été entièrement du côté des bibliothèques, il faut également reconnaître que dans ce domaine encore en développement, il est bon de se préoccuper de la sécurité des fichiers dans la chaîne d'approvisionnement. »

 

Les négociations reprendront en décembre...