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Prière d'autoriser le port d'armes en bibliothèque, sous peine de procès

Nicolas Gary - 20.02.2017

Edition - Bibliothèques - port armes bibliothèque - législation armes Missouri - bibliothèques usagers armes


La bibliothèque régionale Daniel Boone de Columbia a eu chaud : la menace d’une plainte et de poursuites judiciaires a motivé son conseil d’administration à se bouger. En effet, comme la législation sur les armes a changé dans le Missouri, il devenait impératif d’en autoriser le port dans la bibliothèque... Si, si...

 

M249 Squad Automatic Weapon (SAW)

Si vis pacem, para librum - peosoldier, CC BY 2.0

 

 

Le savoir est une arme, la chose est entendue, mais est-ce une raison pour faire cohabiter revolvers et livres ? Depuis le 1er janvier, dans le Missouri, les résidents de l’État n’ont plus forcément besoin d’avoir un permis pour disposer d’une arme – et la dissimuler. Mais le législateur a également souligné que certains établissements publics avaient la possibilité d’interdire les armes cachées.

 

Toute la question fut de savoir quels étaient alors les établissements susceptibles d’appliquer cette partie de la loi. Car les bibliothèques ne semblaient pas répertoriées comme l’un des lieux où le port d’armes dissimulées était interdit.

 

Par le passé, la directrice de l’établissement, Elinor Barrett, avait estimé que la bibliothèque avait le droit d’interdire le port d’armes. « L’interprétation de notre avocat, sur cette loi, est que la bibliothèque est un département de la cité. Il est possible d’interdire les armes à feu, sur n’importe quel espace appartenant ou occupé par ce département. »

 

D’ailleurs, depuis 2003, l’établissement a mis en place cette politique, qui tomberait sous le coup du bon sens, si l’on n’était pas dans un État qui affectionne les armes à feu... D’ailleurs, on pouvait apercevoir jusqu’à présent un panneau expliquant clairement que la présence d’armes était prohibée.

 

Sauf que l’avocate Jennifer Bukowsky s’est saisie de l’affaire : représentant la députée républicaine Cheri Toalson Reisch, elle s’est mise en devoir de... faire accepter les armes par la bibliothèque. Et l’établissement n’a manifestement pas eu d’autre choix que de s’exécuter dans les meilleurs délais.

 

La politicienne s’est en effet vivement émue, devant son électorat, que les concitoyens soient privés de leurs pistolets dans un lieu culturel. Et surtout, il devenait impératif que le droit des porteurs d’armes soit respecté, parce que la loi est la loi, et qu’elle est la même pour tout le monde.

 

L'ancien panneau de la bibliothèque

 

 

Et pourtant, le public qui assistait aux réunions du conseil d’administration de la bibliothèque s’est montré farouchement opposé à ce que l’on puisse faire entrer des armes dans le lieu. Sauf que devant la menace de procès, brandie par la républicaine et son conseil, les membres du conseil ont capitulé.

 

Il aura fallu moins de 24 heures pour que les panneaux d’affichage extérieurs soient modifiés. Et voici que l’on passe de : « Porter ou détenir des armes à feu ou des armes est interdit » à « Nul ne peut posséder, dans les locaux de la bibliothèque, d’arme d’aucune sorte, à moins qu’il ne soit autorisé par la loi ».

 

via Columbia Missouri