Prisunic : déplorable, passéiste, archaïque et inadaptée

Clément Solym - 28.02.2011

Edition - Justice - prix - unique - livre


Difficile de faire d'un cas particulier, une généralité. Cependant, les réflexions portées par Nicolas Ancion, à l'égard de la loi sur le Prix Unique du Livre Numérique, montre que tout n'est pas perdu. Même si peu d'espoirs de la voir tomber subsistent.

« Pour faire court, je pense qu'elle est déplorable, passéiste, archaïque et inadaptée », lance Nicolas Ancion, sur Post-it littéraire.

Mais voilà, on ne peut pas en rester là : si le romancier réaffirme toute la légitimité d'une loi sur le prix unique du livre papier - pour laquelle il s'est battu en Belgique - il réfute celle de la loi PULN. « Cette proposition de loi est le simple résultat de l'influence d'un lobby qui, au lieu de travailler à l'évolution de son métier, préfère user de son influence pour protéger son pré carré. » Une affaire de lobbying que nous avions déjà pointée en détail. (notre actualitté)


Loin de défendre les auteurs avec cette législation, les éditeurs prennent la défense de leurs intérêts. Et ceux-ci de « prétendre parler au nom des auteurs alors qu'ils ne parlent qu'en leur nom propre, chercher à convaincre des dangers du piratage au lieu de voir les enjeux pour la création, la diffusion, la démocratisation de la lecture que représente le numérique. »

La loi remettrait-elle en question la possibilité de recevoir des services de presse sous forme numérique ? C'est ce que considère Nicolas Ancion.

« L'enjeu du numérique, pour les auteurs, est d'utiliser ces nouveaux outils de diffusion des textes pour exister en dehors du rapport de force commercial imposé en librairie, dans la distribution et dans l'édition par de grands groupes adossés à une presse complaisante.
Ces groupes français ont aujourd'hui peur des géants américains, alors ils exigent une loi, qui n'a rien à voir ni avec les auteurs ni avec les lecteurs.
»

Sa réflexion est passionnante, et permet de prendre conscience une fois encore que cette législation n'a vraiment rien compris. Et tire son existence, autant que, dans son application, de mettre à mort la librairie.