Prisunic : on aurait dû prendre plus de temps, estime Jack Lang

Clément Solym - 06.03.2011

Edition - Société - commission - europeenne - inspecteurs


Invité par la rédaction du Journal du Net à évoquer les questions tournant autour du livre numérique, Jack Lang livre une série de réflexions tant sur la loi visant à instaurer un prix unique pour l'ebook - fixé par les éditeurs. - que sur les récents événements...

Avouant qu'il n'a pas toutefois pas assez réfléchi à la question de la nécessité d'une législation, l'homme à l'origine de la loi Lang, qui a permis en 1981 aux éditeurs de fixer le prix de vente de leurs ouvrages émet pour autant des réserves.

« Mon intuition me dit, mais ce n'est que mon intuition, que nous aurions dû prendre un peu plus de temps pour réfléchir au contenu d'un éventuel texte. » Et de tacler le principe d'extraterritorialité, qui viserait à appliquer une législation aux acteurs étrangers, alors que la loi aujourd'hui ne vise uniquement les revendeurs basés en France. (notre actualitté)

Selon le député du Pas-de-Calais, un tel principe pourrait ne pas être conforme « aux normes internationales, et notamment européennes ». Et d'insister sur le fait que le temps de la réflexion n'a probablement pas été assez pris. N'oublions cependant pas que ces clauses résultent avant tout d'un fort lobbying exercé directement depuis Bruxelles. (notre actualitté)


En revanche, l'ancien ministre de la Culture se dit proprement scandalisé de l'arrivée « par dizaines » d'inspecteurs de la commission européenne dans les bureaux d'éditeurs français, « pour vérifier si ces éditeurs ne se livreraient pas à une entente sur le prix des livres numériques ». Une chose qui semble non seulement assez invraisemblable, mais également hautement improbable... (notre actualitté)

« Ce sont des méthodes inacceptables et j'ai l'impression de revivre ce que j'ai vécu durant la loi sur le prix unique du livre.... Une commission européenne qui était l'ennemie de la Culture, qui au nom d'une prétendue libre concurrence pourchassait les mesures d'encouragements et de protection de la Culture. »

La situation est véritablement scandaleuse, estime-t-il et il ajoute : « J'estime que la Commission devrait s'excuser » tant vis-à-vis des éditeurs que de la France elle-même. Mais selon lui, c'est à nouveau un point qui démontre l'importance d'une certaine prudence, pour débattre et discuter.

Mais le mot de la fin reste pour cet épisode invraisemblable vécu cette semaine : « Ce n'est pas parce que la France fait une loi sur le livre que pour autant les fonctionnaires de Bruxelles sont autorisés à venir faire les flics dans les bureaux des éditeurs français. »

Voir l'entretien en vidéo sur le Journal du Net.