Prix Booker : "Impérialiste"et "snob" pour l'auteur de Trainspotting

Clément Solym - 20.08.2012

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Le festival international du livre d'Édimbourg aurait pu démarrer plus calmement. C'était sans compter le chaotique Irvine Welsh qui a envoyé une salve sur l'édition londonienne et l'institutionnel Booker Prize.

 

Auteur de la chemical generation, plutôt disserte sur la question des drogues, Welsh cultive une aura sulfureuse depuis Trainspotting et ses déclarations assassines. C'est lors d'une conférence dans la capitale écossaise, en lien avec son festival international du livre, que l'écrivain s'est laissé aller à tacler l'un des prix les plus prestigieux de littérature en langue anglaise, le prix Booker.

 

« Clairement impérialiste », récompensant des écrivains « de la petite bourgeoisie » et « résidents des anciennes colonies » pour afficher un semblant de culture globale. Et normaliser la langue anglaise. Une récompense « basé sur le concept que l'anglais des classes supérieures est le standard culturel avec lequel toute la littérature doit être mesurée ».

 

 

Irvine Welsh en 2006 par KUBIK

 

Amoureux de l'Écosse, de ses idiomes et ses quartiers défavorisés, l'écrivain a multiplié par le passé les saillies contre une intelligentsia peu au fait des conditions d'existence de classes plus populaires. Cette fois, il va un peu plus loin encore et accuse le fameux prix de mener une politique discriminatoire à l'égard d'auteurs sortant du cadre des populations les plus aisées.

 

Une défense des responsables, jugés anti-écossais, «  qui tombe à l'eau pour tous ceux avec des notions rudimentaires de sociologie ».

 

Et de pointer du doigt une uniformisation culturelle qui handicape la sortie de livres originaux, basés sur des spécificités culturelles bien précises. « Il serait difficile aujourd'hui de faire publier Trainspotting par un éditeur londonien. Le marché est devenu beaucoup plus normalisé et Trainspotting ne rentre dans aucune case prédéfinie », a-t-il expliqué lors de la conférence. (via Guardian