Prix SNCF du polar : une ambition européenne qui “tomberait sous le sens“

Nicolas Gary - 31.03.2017

Edition - Société - Quais polar Lyon - prix polar SNCF - lecture cinéma polars


Quais du polar, la manifestation lyonnaise vient d’ouvrir ses portes : le soleil est au rendez-vous, les visiteurs aussi, prêts à envahir le Palais du Commerce. Parmi les partenaires de ce rendez-vous, le Prix SNCF du Polar, dont François Objois a la charge.

 

 

 

Sorti des Arts et Métiers, François Objois a débuté sa vie sur les rails, littéralement : « J’étais ingénieur et j’ai opté pour une reconversion, dans la communication. » Découvrant le prix SNCF du polar en 2008, il se prend de passion. « J’ai lu les œuvres chaque année, je votais, bien évidemment. En mai 2016, Sybille Beaupied, qui s’en chargeait, me propose de prendre sa suite. Depuis novembre dernier, je suis donc à temps complet sur cet événement. »

 

En dix-sept années de récompenses, le prix a largement évolué : au livre se sont ajoutés la bande dessinée, puis les courts-métrages (retrouver la sélection Prix du polar).

 

Après avoir surmonté le festival d’Angoulême, le salon Livre Paris, François Objois se retrouve désormais au cœur de Quais du polar, manifestation dont l’ADN est « totalement celle de notre prix, à travers les romans. Elle rejoint aussi notre engagement dans la lecture », précise-t-il. Et ce n’est pas fini : « La prochaine étape, c’est Clermond-Ferrand, et son Festival international du court-métrage. » 

 

Avec réelle aisance, lui a pris « le train en marche, à mi-saison, avec les trois plus importantes manifestations. Ce sont des festivals bien en place, totalement en accord avec ce que propose le prix : promouvoir un genre populaire, accessible à tous, qui permet d’aller dans une multitude de directions. Frisson, humour, sociétal, enquête, ou policier, ce sont autant d’univers que l’on peut explorer et dont on s’empare. »

 

Le genre polar représente en France près d’un livre sur cinq publié : on comprend que l’enjeu soit important. « En faisant la promotion d’une littérature populaire, la SNCF se place naturellement au service du public, ce qui reste sa vocation première. Que ce soit pour emmener les festivaliers dans les événements ou dans l’accompagnement durant les manifestations. » Ces moments permettent par ailleurs à la SNCF de pouvoir créer des animations, au sein même de la programmation des festivals partenaires. 

 

Clairement, le prix se positionne comme un ensemble de récompenses décernées par le public, et revendique une participation grandissante chaque année. « Que ce soit avec les lecteurs ou les spectateurs, quelque chose s’est noué au fil du temps – de même qu’avec les équipes organisatrices des festivals. » 

 

Vers une évolution européenne...

 

À l’avenir, le prix réfléchit évidemment à établir d’autres partenariats, avec d’autres événements. « Je pense que l’on pourrait travailler en allant dans le sens de ce que la SNCF, en tant qu’entreprise, réalise. Il faut rappeler que nous disposons de filiales qui travaillent à l’étranger, d’autres qui envoient des trains de France vers l’étranger. Nous pourrions coconstruire des opérations avec ces filiales : pour Quais du polar, nous avons affrété un TGV du polar. Pourquoi pas des trains allant vers l’Allemagne, l’Angleterre, Espagne ou Italie, pour se rendre dans des festivals européens ? »

 

Exporter le prix SNCF du polar ? C’est bien l’idée. Et avec le rendez-vous de la Foire du livre Francfort qui s’approche, où la France sera invitée d’honneur, cette traversée des frontières est plus prégnante encore. « Ça tomberait sous le sens... » 

 

Quais du polar a déjà pris cette orientation : cette année, à l’occasion de la Foire de Leipzig, la manifestation lyonnaise s’associait à la Foire du livre de Leipzig, pour valoriser littératures policières française et allemande.

 

« Ce projet a pris forme en mars 2017 sous le titre “Krimi à la française”, et proposait pendant la Foire du livre une Nuit du polar francophone et une grande enquête urbaine à Leipzig, ainsi qu’un projet de classes culturelles numériques autour de l’écriture de polar, projet qui se développera tout au long de l’année avec des classes de Lyon, Leipzig et Francfort », précisent les organisateurs.

 

Au service des oeuvres, et du public

 

 

Pour le cas de Quais du polar, le train alloué permet de déplacer les auteurs, les éditeurs, les journalistes, de même que des festivaliers. Un apport mutuel, complété sur place par deux séances de projections de courts-métrages, au théâtre des Ateliers – les films en sélection. Dans le même temps, TER fait une offre promotionnelle au niveau régional, pour que les voyageurs puissent se rendre à Lyon à moindre coût : Illico samedi, avec une gratuité pour les enfants, et de sérieuses réductions.

 

Enfin, la Fondation SNCF s’implique également, travaillant avec des MJC et des collégiens pour organiser une lecture publique, d’une œuvre en présence de l’auteur. Et pour tous ceux qui ne pourraient pas profiter des courts-métrages, durant tout le week-end, une séance en ligne offre de consulter les différents films en illimité – et de voter. 

 

En parallèle, chaque mois depuis le 1er janvier dernier, un roman de la sélection est proposé gratuitement à travers l’application SCNF e-Livre. Ce mois-ci, c’est le livre de Franck Bouysse, Grossir le ciel qui est disponible.