Prix trop bas, oeuvres dévalorisées : c'est 'totalement absurde'

Clément Solym - 23.08.2010

Edition - Economie - concurrence - prix - ebooks


Dans quatre jours maintenant, le Kindle 3 sera officiellement vendu partout dans le monde, depuis la boutique d'Amazon US, exception faite de l'Angleterre qui a vu s'ouvrir un ebookstore dédié dans ses frontières.

Et bien sûr, l'ensemble de la profession a commencé à mettre les bouchées doubles, et les réductions triples pour assurer la concurrence face au marchand venu de Seattle avec ses gros sabots et ses ebooks à 9,99 $... Dès la semaine dernière, WH Smith tirait le premier avec des remises de 66 % puis de 50 % sur toute sa boutique.

Réflexion faite par un éditeur en constatant le prix de vente de plusieurs best-sellers dans les étals d'Amazon, affichés à moins de 3 £ : c'est « totalement absurde ». Et on lui donnerait difficilement tort. Que les ebooks soient vendus à des tarifs moins onéreux que le papier, c'est compréhensible et même souhaitable. Cependant, de tels prix deviennent carrément insensés.

Messieurs les Anglais, tirez les premiers

Aujourd'hui, Amazon reste encore le cybermarchand le plus attractif pour ce qui est des ebooks. Pour exemple, justement, la trilogie Millenium est vendue à moins de 3 £, une relation au texte affligeante : bienvenue dans l'ère de la consommation des livres élevée au rang de pois chiches.

L'affrontement direct entre WH SMith et Amazon fera des dégâts. Et l'éditeur interrogé par The Bookseller d'ajouter : « Il est complètement absurde de dévaloriser notre produit, mais je ne suis pas surpris parce que notre industrie est peuplée d'imbéciles. » Dont acte.

Et pourtant. Le marché est certes minuscule aujourd'hui, on ne cesse de le répéter. Mais en toute logique, habituer les consommateurs à de tels tarifs revient à se tirer un obus dans le pied en espérant qu'il passe à côté. Alors que le contrat d'agence proposé par Apple pour l'iBookstore devait mettre un peu d'ordre dans tout cela, les ouvrages sont alors simplement plus chers chez Apple qu'ailleurs.

On finira bien par marcher sur la tête...