Prix unique du livre au Québec : la commission parlementaire critiquée

Antoine Oury - 14.10.2013

Edition - International - commission parlementaire - prix unique du livre - Québec


La commission parlementaire sur le prix unique du livre, actuellement centre des interrogations au Canada, a été sévèrement critiquée par l'opposition, à savoir le Parti Libéral du Québec. Christine St-Pierre, députée de l'Acadie et porte-parole de l'opposition, a ainsi réclamé les observations et conclusions de la commission, tout comme les motions rejetées ou adoptées.

 


Parlement du Québec en hiver

Le Parlement du Québec (Mathieu Nivelles, CC BY 2.0)

 

 

Dans le cadre des auditions publiques et autres consultations sur le prix unique du livre imprimé et numérique au Québec, le 24 septembre dernier, la commission parlementaire se voyait proposer différentes motions par les intervenants, qu'elle était ensuite libre de refuser ou d'adopter.

 

Et il apparaît, comme le rapporte la Fondation Littéraire Fleur de Lys, que toutes les motions relatives à la mise en place rapide d'une législation fixant les prix des ouvrages vendus ont été rejetées par la commission parlementaire, qui a ainsi refusé de contraindre le gouvernement à une action dans les plus courts délais :

Les membres de la Commission demandent au gouvernement du Québec de proposer une solution dans les plus brefs délais. MOTION REJETÉE

 

Les membres de la Commission demandent au gouvernement du Québec de proposer une solution dans des délais raisonnables. MOTION REJETÉE

 

Les membres de la Commission demandent au gouvernement du Québec de proposer une solution dans les 30 jours ouvrables à compter du 24 septembre 20 13. MOTION REJETÉE

 

Les membres de la Commission demandent au gouvernement du Québec de proposer une solution dans un délai raisonnable tout en reconnaissant qu'il est urgent d'agir. MOTION REJETÉE

Les différentes nuances ajoutées par l'opposition n'ont pas suffi, et la commission semble vouloir laisser au gouvernement toutes latitudes en matière de décision. Toutefois, une motion a été adoptée, peu contraignante malgré tout : « La commission reconnaît qu'il est impératif de tenter de préserver les librairies indépendantes de nos villes, villages et quartiers, afin d'empêcher leur hécatombe. MOTION ADOPTÉE »

 

Le mandat de la commission parlementaire, qui précisait bien qu'elle devait évaluer « la pertinence de réglementer le prix de vente au public des livres neufs imprimés et numériques » n'aurait ainsi pas été honoré, puisqu'elle n'a fourni à l'arrivée que 2 observations, qui ne font pas vraiment avancer le débat :

  1. La Commission reconnaît que des librairies indépendantes au Québec vivent une situation difficile et précaire;
  2. La Commission reconnaît qu'il est impératif de tenter de préserver les librairies indépendantes de nos villes, villages et quartiers afin d'empêcher leur hécatombe.

Le ministre de la Culture du Québec, Maka Kotto, a toutefois promis qu'il ne mettrait « pas cinq ans » à réglementer le prix du livre dans le pays.

 

C'est déjà ça...