Prix unique du livre : Forte mobilisation au Salon de Montréal

Julien Helmlinger - 27.11.2013

Edition - International - Québec - Prix du livre - Réglementation


Avec le débat sur la question de la réglementation du prix du livre pour toile de fond, l'édition 2013 du Salon du livre de Montréal se sera faite plus politique que jamais. Le mouvement Sauvons les livres aura répondu présent dès l'inauguration, à l'occasion du plus important rendez-vous annuel littéraire du Québec, de nombreuses manifestations et pancartes ayant ponctué l'événement, mais malgré la mobilisation des professionnels, la première ministre ne s'est pas exprimée sur le prix unique du livre.

 

 

 

Tandis qu'une centaine de manifestants faisaient irruption sur la scène pour déclarer l'ouverture du Salon, Élodie Comtois, porte-parole du mouvement, a déclaré : « Nous ne voulons pas d'un salon du livre avec 200 titres. Nous voulons conserver le foisonnement que célèbre l'événement. Si le gouvernement n'agit pas, les rabais continueront de tuer une à une les libraires. Viendra ensuite le tour des maisons d'édition. »

 

Le ministre de la Culture, Maka Kotto, les invitait quant à lui vendredi de « patienter encore quelques jours avant le dépôt d'une proposition claire ». Selon le ministre, il ne s'agissait pas d'un projet de loi et qu'une réflexion « holistique » sur la chaîne du livre et l'obtention de l'aval d'autres ministères sont recquis pour des mesures « dans un fleuve asséché au plan financier ».


Du côté du mouvement, on soutient que le prix réglementé ne coûtera absolument rien à l'État. Selon Élodie Comtois : « Toute mesure qui ne sera pas structurée par une réglementation du prix des livres neufs est vaine. Ce serait repousser le problème, tous les exemples à l'international le prouvent. »


Le samedi, les manifestants ont interpellé à son tour François Legault. La Coallition Avenir Québec, dont il est fondateur et chef de file, se revendique comme grand défenseur de l'entrepreneuriat local, mais rejette une mesure qui vise à protéger le plus important secteur culturel en matière d'emplois. « C'est tout simplement incohérent » pour Élodie Comtois.

 

Elle ajoute : « Le prix réglementé vise à éviter que les géants américains du commerce de détail et en ligne écrasent le réseau québécois de libraires par une guerre des prix sur les nouveautés, comme ce fut le cas en Angleterre et aux États-Unis. Contrairement à ce que prétend la CAQ c'est l'absence de réglementation qui nuit au consommateur, qui subira une hausse des prix quand les plus gros joueurs auront pris toute la place, écrasant au passage les libraires, les éditeurs et les auteurs. »


Dans l'attente que le prix réglementé ne soit adopté, les actions d'éclat du mouvement Sauvons les livres devraient se poursuivre. Une intervention rapide est désormais attendue de la part de la première ministre Pauline Marois, dans ce dossier, dépassant le cadre d'un seul ministère et duquel dépendent les intérêts culturels, identitaires et économiques québécois.