Procès Salinger : pas de parodie, on ne joue pas avec Caufield

Clément Solym - 02.07.2009

Edition - Justice - procès - Salinger - parodie


Depuis que les avocats de Salinger ont mis la main sur le texte de John David California, 60 years later: Coming through the rye, qui se prétendait une suite du livre L'Attrape-coeurs, ça va de mal en pis pour l'auteur.

Et pour cause, le juge fédéral américain a considéré que ce livre est susceptible de connaître un succès commercial, en se reposant sur les mérites de l'auteur qui a créé le premier ouvrage. Cette suite serait alors une violation indirecte du droit d'auteur, mais peu importe, d'autant que la défense avancée par les avocats de l'auteur n'a pas convaincu.

Le personnage de Caufield, pourtant jamais nommé dans le livre de John, est évoqué par un certain M. C., qui apparaît de toute évidence comme l'être inventé par Salinger, estime la cour. Fredrik Colting se retrouve donc dans la posture du plagieur... « Je suis estomaqué par la décision du juge. Appelez-moi Suédois ignorant, mais la dernière chose que je pensais possible aux États-Unis fut qu'on interdît un livre. »

Et de toute manière, l'arguement de la parodie n'aura pas convaincu.

« Bien que le tribunal ait trouvé quelques éléments changeant les personnages dans 60 Years later, il constate que la prétendue parodie n'est pas suffisamment perceptible et que le faible contenu parodique n'a aucune chance de compenser l'évidente nature commerciale de ce livre », explique le verdict.

Deborah A. Batts, juge du tribunal de district de Manhattan, avait déjà demandé que le livre ne soit pas distribué aux États-Unis et pour le moment a validé la non-diffusion du livre jusqu'à ce qu'une décision finale soit prise. Et comme la procédure peut prendre des mois ou des années...