Procès Zimmerman : Twitter évite la parution du livre d'un juré

Antoine Oury - 17.07.2013

Edition - Société - George Zimmerman - Trayvor Martin - jurée B37


Outre-Atlantique, le procès Zimmerman remet en lumière la justice à deux vitesses pour certains, tandis qu'il ne fait qu'incarner l'époque pour d'autres : quelques-uns, enfin, y voient également un moyen de laisser leur trace dans l'histoire. Ainsi, la jurée B37 du Procès Zimmerman a fait part de sa signature pour un livre auprès d'un agent littéraire, avant que Twitter n'intervienne, à sa manière...

 

 

Minneapolis rally in response to the George Zimmerman verdict

Manifestations à Minneapolis, Fibonacci Blue, CC BY 2.0

 

Parmi les 5 jurés, le matricule B37 cache un personnage plutôt à part : ce juré, qui a donc participé à l'acquittement de George Zimmerman dans son procès pour le meurtre du jeune Trayvor Martin, a ainsi déclaré quelques heures après le verdict qu'« il [l'acquitté, NdR] était dans son droit en tirant sur Trayvon Martin ». Si bien que les autres jurés ont été obligés de souligner ne pas partager les opinions de la jurée B37.

 

Cette dernière a annoncé la nouvelle sans se douter de la suite : la jurée B37 avait signé un contrat pour la parution d'un livre sur le procès, quelques heures après la fin de ce dernier. Sur Twitter comme dans les médias américains, la nouvelle se répand et soulève des commentaires le plus souvent dégoûtés par cet opportunisme.

 

Et un utilisateur du réseau social aux messages limités à 140 caractères, @MoreandAgain, s'est montré particulièrement obstiné dans ses protestations, rapidement adressées directement à l'agent littéraire Sharlene Martin, inscrite sur Twitter, elle aussi, et à l'origine du contrat avec la jurée B37.

 

Très vite, les échanges se multiplient dans les fils Twitter, et une pétition Change.org voit le jour, demandant solennellement l'abandon du projet à l'agent littéraire. 

 

Et, très vite, les messages et la pression des foules font lâcher l'affaire à l'agent littéraire, qui publie un message sur le réseau social pour officialiser son retrait.

 

L'agent littéraire a visiblement réfléchi à deux fois aux conséquences et au moment peu opportun choisi pour sa décision : « Je crois que j'ai fait une grave erreur de jugement en voulant représenter cette histoire. » L'agent est bien connue pour ses projets sulfureux : c'est elle qui avait fait publier l'ouvrage de O.J. Simpson, dans lequel il revenait sur l'accusation de meurtre portée à son égard :

« En tant qu'agent littéraire, je suis coupable de mes prises de risques dans la publication de documents relatifs à des affaires très suivies » avait-elle déclaré en 2008, comme le rappelle le L.A. Times.