Professeurs des écoles : le sondage qui dit tout

Clément Solym - 19.06.2010

Edition - Société - sondage - enseignant - primaire


Tous les trois ans, le premier syndicat chez les enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, commande un sondage auprès de l’institut CSA. Ce dernier interroge alors un millier de professeurs qui ont moins de cinq ans d’ancienneté. Les résultats ont été livrés au début du 8e congrès du SNUipp-FSU qui s’est déroulé cette semaine à Brive-la-Gaillarde (Corrèze).

Etant le quatrième sondage de ce type, il est à présent possible de faire des comparaisons entre les réponses données cette année et les fois précédentes. Ce métier est majoritairement choisi par vocation. Ainsi, pour 48 % des enseignants interrogés en 2010, le souhait de devenir professeur des écoles remonte à l’adolescence voire à l’enfance. S’ils ont choisi ce métier, c’est à 71 % par vocation (67 % en 2007, 71 % aussi en 2004 et 66 % en 2001).

Concernant la satisfaction qu’ils trouvent dans l’exercice de leur profession, ils sont 72 % à l’estimer satisfaisante. Ce chiffre, élevé certes, s’affiche en baisse par rapport aux sondages précédents : avec 75 % en 2007, 77 % en 2004 et 74 % en 2001.

Quand on leur demande ce qui leur a manqué dans ces premières années, ils sont 45 % à parler d’abord de « la connaissance de la réalité d'une classe ». Un décalage profond est ressenti entre l’image qu’ils se faisaient de ce métier et sa réalité. La charge de travail est mentionnée par 48 % d’entre eux alors qu’ils n’étaient que 33 % à l’évoquer en 2001.

Pour 88 % des sondés, l’image de leur métier est dévalorisée. Ils n’étaient « que » 59 % à penser cela en 2001. Quand on leur parle de changer de métier, dans les quinze ans qui viennent, ils ne sont cependant « que » 16 % à l’envisager.

Si on les interroge sur les raisons de l’échec scolaire, ils citent, à 75 %, des effectifs trop importants dans les classes. Allant dans le sens opposé du ministère, ils voient, à 79 %, comme prioritaire de faire baisser le nombre d’élèves par classe dans les années à venir.

Quand on leur parle des réformes, cela passe mal également. Ils se déclarent, à 77 %, hostiles aux nouveaux programmes de 2008. Pour ce qui est de la réforme de la formation des enseignants, c’est une condamnation quasiment unanime, à 97 %. Si on aborde la question des rythmes scolaires, ils sont tout de même 52 % à penser que la semaine de quatre jours n’est pas une bonne chose…