Profession : auteur, ou comment tenter de gagner sa vie en écrivant

Clément Solym - 11.03.2016

Edition - Economie - profession auteur rémunération - étude écrire revenus


Une étude qualitative du MOTif, conduite par une équipe du Centre européen de sociologie et de science politique sous la direction de Gisèle Sapiro et Cécile Rabot – en parallèle de l’étude nationale sur la condition des auteurs commanditée par le Ministère de la Culture et de la Communication. Sa présentation publique se déroulera le 17 mars à 10 h, sur le stand de la Région Île-de-France, dans le salon du livre de Paris. En attendant, en voici les grandes lignes.

 

Conférence Les auteurs bientôt à poil (SGDL)

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Alors même que l’activité d’écrivain tend à se professionnaliser, les écrivain·e·s connaissent aujourd’hui une précarisation : rares sont ceux qui parviennent à vivre uniquement de leur plume. Certain·e·s exercent un autre métier plus ou moins lié à l’écriture, qui est leur source de revenus principale, pour d’autres les activités connexes occasionnelles – lectures-débats, résidences, ateliers d’écriture – constituent une ressource économique de plus en plus importante. C’est sur le rôle de ces activités connexes qu’est centrée la présente étude.

 

Quel rôle jouent-elles dans la reconnaissance littéraire ?  Comment s’articulent-elles avec l’écriture ? Comment sont-elles prises en compte et/ou en charge par les intermédiaires et représentant·e·s des écrivain·e·s ? Ces questions se posent dans un contexte de diversification de l’offre d’intervention dans l’espace public francilien, mais aussi de transformation du statut d’auteur avec le développement du support numérique, les mesures d’austérité et l’européanisation de la législation.

 

L’enquête comporte deux volets reposant sur des entretiens approfondis avec des auteur·e·s d’une part et, d’autre part, avec des représentant·e·s d'institutions. Les auteur·e·s présentent des profils diversifiés : homme ou femme, débutant·e ou confirmé·e, auteur·e à succès ou écrivain·e expérimental·e, pratiquant des genres littéraires différents (roman, poésie, théâtre, scénarios, chanson, jeunesse, bande dessinée).

 

Du côté des institutions, ont été interrogé·e·s des représentant·e·s des sociétés d’auteurs (SACD, SGDL, SOFIA, Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, EAT), d’organismes nationaux (CNL, Maison des écrivains, DRAC, OCCE), des collectivités territoriales (Région Ile-de-France, Conseil départemental de Seine Saint-Denis) et d’instances de médiation (Maison de la poésie, réseau de librairie Librest, Paris bibliothèques, bibliothèques de Seine Saint-Denis, organisateurs de manifestations, éditeurs, agents littéraires).

 

Il ressort de ces multiples entretiens que les activités connexes sont vitales pour les écrivain·e·s. Elles constituent à la fois une reconnaissance symbolique et une ressource financière qui participe très activement de leur professionnalisation.

 

Leur prise en compte en tant que telles, qui permet d’en rémunérer au moins une partie en droits d’auteur, a contribué à améliorer les conditions d’exercice du métier dans un contexte où les écrivain·e·s sont menacés de précarisation. Il reste à sensibiliser les intermédiaires et à aider les auteur·e·s à mieux connaître et faire valoir leurs droits.

 

 

  Profession Ecrivain - étude mars 2016 LeMOTif