Protéger la sécurité nationale d'un livre sur le 11 septembre (CIA)

Clément Solym - 27.08.2011

Edition - Justice - terrorisme - censure - cia


 L’agence de renseignements est formelle. Ou presque. Le livre The Black Banners: The Inside Story of 9/11 and the War Against Al-Qaeda, de l’ancien agent du FBI, Ali Soufan pose un sérieux problème de confidentialité, en délivrant des informations sulfureuses...

Selon la CIA, il est impératif que l’éditeur opère des coupes dans l’ouvrage - mais plusieurs mauvaises langues affirment que c’est avant tout pour protéger les arrières de l’agence de renseignements. Des accusations que la CIA nie en bloc. Selon un porte-parole, c’est avant tout pour sauvegarder la sécurité nationale que les coupes doivent avoir lieu.

Dans l’ouvrage, Soufan raconte son expérience dans le au coeur des investigations les plus poussées dans la lutte contre le terrorisme. Pas vraiment du goût de la CIA.

Mais Preston Golson, le porte-parole, a immédiatement réagi pour contester les accusations portées contre la CIA. Le seul devoir de l’agence est de s'assurer que les informations dévoilées ne sont pas classées secret-défense. Or, ce que pointe le livre, c’est que la CIA serait à l’origine d’une boulette de belle ampleur.

L’agence aurait en effet omis de signaler au FBI quelques informations précieuses sur deux des terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre. Et comme les États-Unis s’apprêtent à commémorer le 10e anniversaire de cette tragédie, le livre tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, avec de telles déclarations.

Dans un courrier de 78 pages transmis à l’éditeur, la CIA présente une liste de coupes, portant même sur des informations déjà rendues publiques, souligne l’éditeur. De son côté, l’auteur n’a pas manqué de tacler la CIA, déplorant que le gouvernement de l’époque ait commis des erreurs, et que certains des membres de l’agence refusent de répondre de leurs bévues. Mais pour Golson, le fait que l’information ait été dévoilée au public ne signifie en rien qu’elle est officiellement reconnue par le pays.

Soufan, ancien agent du contre-terrorisme dans le monde arabophone a joué un rôle central dans plusieurs enquêtes entre 1997 et 2005. Selon lui, la tentative pour protéger son image que la CIA met en place est dérisoire. De son côté, le FBI s’est bien gardé de tout commentaire.

Pour le moment, aucune implication juridique n’a été envisagée pour résoudre ce conflit. Plusieurs dizaines de passages sont concernés par les demandes de coupe de la CIA...