Protéger les mineurs de contenus et dérives sexuels... Oui, mais...

Clément Solym - 28.10.2010

Edition - Justice - legislation - protection - mineurs


Cachez-moi ce sein, et cette bouche et finalement, cachez-moi tout le reste, que je ne saurais voir, sans éprouver une sorte de désir montant et de suave sensualité, à la découverte de ces chairs... Hemm...

Reprenons nos esprits : pour protéger les enfants de l'État du Massachusetts, une loi avait été mise en place qui permettait de censurer tout contenu jugé « dangereux pour les mineurs », et interdisant la consultation desdits sites. Mais les partisans de la sacro-sainte liberté d'expression sont intervenus dans l'affaire, mettant leur petit grain dans la grande machinerie judiciaire.

Ainsi, ils ont obtenu de la part du juge fédéral que ce dernier restreigne la loi ratifiée en avril dernier. Cette dernière rendait en effet pénalement responsable toute personne proposant un contenu à caractère sexuel, ou même évoquant la nudité, et s'accompagnait d'une peine de 10.000 $ cumulée à cinq années de prison.

Cependant, libraires, avocats et associations avaient poursuivi en justice la loi, estimant qu'elle faisait un balayage bien trop large, et finalement, permettrait de parvenir à interdire à peu près n'importe quoi sur internet - tout en enfreignant le premier amendement de la constitution, rapporte l'AP. impensable !

Rya Zobel, juge en question, est donc allé contre cette loi, estimant que s'il est nécessaire de protéger les enfants de la technologie moderne et des prédateurs sexuels qui y foisonnent, cela ne devait pas se faire en violation de la liberté d'expression.

On pouvait en effet découvrir que la loi impliquait une surveillance des conversations instantanées, ou chats, des emails et autres communications électroniques. L'American Booksellers Foundation for Free Expression, l'Association of American Publishers, le Comic Book Legal Defense Fund avaient vivement protesté contre cette idée, affirmant que de tels critères seraient préjudiciables au droit à l'information...

En outre, un livre comme L'amant de Lady Chatterley serait, par exemple, tombé sous le coup de ce texte, puisqu'il contient une part d'éléments légèrement connotés...

Reste à voir comment la loi sera remaniée...