Protéger les pauvres, ou favoriser les riches : le rapport de l'OCDE

Clément Solym - 11.12.2014

Edition - Economie - taux réduit TVA - OCDE pays - gouvernements riches pauvres


L'Organisation de coopération et de développement économiques exhorte les gouvernements à ne pas pratiquer de taux réduit de TVA, apprend-on à la lecture d'un rapport présenté hier. En effet, le taux réduit profiterait plus aux riches qu'aux pauvres, et engendreraient des inégalités. Une approche qui remet en cause les préjugés, et bouleverse un peu la donne.

 

World Map - Abstract Acrylic

Nicolas Raymond, CC BY 2.0

 

 

La conclusion du rapport conteste en effet une croyance largement répandue chez les politiciens : un taux réduit de TVA viendrait en aide aux petits salaires et les aides sur la fiscalité indirecte représenteraient des soutiens réels. Mais cette semaine, cette idée reçue implose. 

 

L'organisation, basée à Paris, constate que les taux réduits sur certains biens et services avaient en réalité l'effet totalement inverse de ceux escomptés. Les plus riches, au sein d'un pays, profiteraient plus amplement de cette manne. Et l'OCDE de pointer notamment l'hébergement, les repas, le théâtre, le cinéma... ou les livres – autant de service que s'offrent plus facilement les riches. 

 

Entre la classe moyenne et les ménages pauvres, et les foyers aisés, se creuse alors un écart grandissant, qui a des répercussions immédiates. « De nombreux gouvernements ont cherché à protéger les personnes pauvres, en instaurant des taux réduits », déplore David Bradbury, responsable politique et statistique.

 

Les recherches parcourent l'impact dans 20 pays des fluctuations de TVA, pour arriver à l'évidence : cela n'a pas eu l'effet escompté. Pour l'OCDE, il y aurait de meilleurs moyens d'aider les ménages qui ont du mal à payer leurs factures, notamment par des transferts monétaires directs, permettant d'augmenter les revenus. 

 

« Ils ne peuvent pas se cacher derrière une feuille de vigne et tenter de protéger les pauvres. Ils [les gouvernements] offrent des gains faramineux aux revenus élevés », poursuit Bradbury. (à retrouver à cette adresse)