Prudence des éditeurs dans l'acquisition des titres autopubliés

Julien Helmlinger - 14.11.2014

Edition - Economie - Best-sellers - Autopublication - indépendants - Ebook - livre numérique


Selon le Top des best-sellers numériques de Digital Book World, concernant la semaine du 1er au 8 novembre, les livres issus de l'autopublication continuent de tenir tête aux succès commerciaux des grandes maisons traditionnelles. Parmi les 25 ebooks qui se sont le mieux vendus, on retrouve ainsi 5 titres autopubliés. La présence est certes bien moindre que celle des publications Penguin Random House, avec 11 succès, mais elle n'a rien à envier à celles des productions numériques des autres membres des Big Five.

 

 

Deborah Bladon, auteure de la série Ruin

 

 

Si l'on a vu ces dernières années les droits de quelques succès de l'autopublication être rachetés ensuite par des maisons traditionnelles, certains éditeurs seraient plus frileux à envisager ces acquisitions. L'agent Kristen Nelson notamment, du label St Martin's Press de Macmillan, explique qu'elle n'est plus intéressée désormais par ces contrats en raison du fait que les ventes numériques auraient déjà exploité le potentiel commercial de ces titres.

 

Cette conclusion tirée par St Martin's Press ne serait pas seulement le fruit d'une spéculation, mais reposerait aussi sur les bases de données dont dispose la maison. Par ailleurs, certains libraires rechigneraient également à accorder de la place sur leur lieu de vente à d'éventuelles versions de poche de ces best-sellers de l'autopublication.

 

Un constat qui renvoie à une anecdote de 2012, quand Hugh Howey, auteur de Silo, écoulé alors à plus de 50.000 exemplaires, s'était fait signaler par deux éditeurs que personne ne voudrait plus acquérir les droits de son bouquin, parce que son lectorat potentiel l'avait déjà lu. Difficile pourtant d'être pleinement convaincu par cet argument, quand on sait que tout le monde n'a pas encore adopté le format du livre numérique et qu'une part reste attachée à l'odeur du papier.

 

Il serait peut-être parfois difficile d'égaler le succès initial de l'ebook, mais cela ne veut pas dire pour autant que le titre en format de poche ne trouverait plus de lecteurs. Ainsi, la série de Hugh Howey a finalement été acquise par Simon & Schuster, qui en aura écoulé 2 millions d'exemplaires de plus. La prise de risque aura donc été très largement récompensée, dans ce cas précis.

 

Un tel succès n'est pas garanti à tous les éditeurs qui feront le pari de racheter un best-seller autopublié, mais un marketing pertinent pourrait probablement contribuer à optimiser les ventes. Ainsi, Hugh Howey estime quant à lui que cette frilosité qu'exprime notamment St Martin's Press, mais aussi d'autres acteurs de l'industrie, ne serait pas aussi rationnelle que l'on veut nous faire croire. Pour l'écrivain il s'agirait plutôt d'une excuse pour justifier leur prudence éditoriale.

 

 

Ci-dessous le Top 10 de Digital Book World :

 

Gray Mountain: A Novel, John Grisham, Penguin Random House, $11.99
Gone Girl: A Novel, Gillian Flynn, Penguin Random House, $7.99
The Burning Room (A Harry Bosch Novel Book 19), Michael Connelly, Hachette, $9.99
Blood Magick (Cousins O'Dwyer Trilogy Book 3), Nora Roberts, $6.99
Ruin: Part 3, Deborah Bladon, Self-published, $0.99
Leaving Time: A Novel, Jody Picoult, Penguin Random House, $10.99
Ruin: Part 1, Deborah Bladon, Self-published, $0.99
All the Light We Cannot See: A Novel, Anthony Doerr, Simon & Schuster, $6.99
Yes Please, Amy Poehler, HarperCollins, $12.99
The Arrangement 17 (The Ferro Family Series), H.M. Ward, Self-published, $2.99