Publication à compte d'auteur : dangers, écueils, dans le détail

Clément Solym - 07.07.2011

Edition - Société - publier - compte - auteur


Voilà une belle grande idée : le magazine 60 Millions de consommateurs vient de publier une enquête portant sur la publication à compte d'auteur. Les constats sont multiples, et pour le moins intéressants...

Un manuscrit, envoyé sous pseudonyme, et voilà qu'un mois et demi plus tard, l'enquêteur du magazine reçoit sept propositions de contrat. Assez peut, finalement, si l'on prend en compte que 20 maisons ont été sollicitées. L'idée reste toujours la même : l'auteur paye une somme X, qui lui permettra de faire imprimer et commercialiser un ouvrage. Avec des prestations qui débutent à 1600 € - aimable facilité de paiement en deux fois - jusqu'à 4760 € - payable en 3 ou 6 mensualités. Le tout pour des livres qui font généralement autour de 250 pages.

Un service coûteux, et peu rentable

On notera également sur les fiches proposées par 60 Millions qu'aucune des maisons n'offre de version numérique des ouvrages - adieu donc les EPUB que l'on aurait pu commercialiser soi-même. Et même, aucune chance de rivaliser contre les services proposés par Amazon, sur l'autoédition.

Mieux encore : concernant les droits reversés, la moyenne est à 20 %, et bascule généralement à 25 % du prix du livre, dès lors que l'on dépasse les 1000 exemplaires vendus. Et une fois sorti des quelques exemplaires envoyés à l'auteur, ce dernier devra encore mettre la main à la poche pour racheter, à un tarif préférentiel, ses ouvrages.

Quant à la promotion, soit elle est inexistante, soit elle est à la charge de l'auteur lui-même. Dans les deux cas, c'est surtout un grand sentiment de solitude qui est ressenti.

L'autoédition à venir

L'étude pointe cependant que la concurrence se fait rude avec ces services : des sites d'impression à la demande, mais également le développement de l'autoédition au travers de différents prestataires rendent ces usages quelque peu obsolètes. Et finalement, l'essor du numérique pourrait bien mettre à la poubelle toutes ces pratiques plus ou moins indélicates.

D'autant, pointe 60 Millions, que de multiples coûts additionnels peuvent survenir - avec la correction orthographique, l'introduction d'images, la mise en page, et tout un tas de petites choses supplémentaires. Le seuil de rentabilité pour l'auteur devient alors particulièrement difficile à atteindre.

Commercialisation, à demi

Quant à la dernière touche, la visibilité de l'ouvrage, elle est effectivement nationale, mais aucun exemplaire n'atterrira en librairie, à moins d'avoir été commandé. Pour l'Oie plate, association de défense des droits des auteurs, de même que pour le Centre national du Livre, il est impératif, avant de signer de faire très attention à ce qui est proposé.

Plusieurs points restent absolument essentiels comme la durée du contrat et le nombre d'exemplaires tirés, qui appartiennent à l'auteur, logiquement, contrairement à bien des sociétés à compte d'auteur.

Un comparatif que l'on peut retrouver dans le numéro juillet-août, ou sur leur site internet, avec le n° 46220, pour avoir les fiches précises.