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#PublishingPaidMe : dénoncer les disparités salariales entre auteurs

Camille Cado - 09.06.2020

Edition - Société - #PublishingPaidMe - disparite salaire auteur - difference salaire noirs blancs


Depuis le meurtre de George Floyd le 25 mai dernier à Minneapolis, le mouvement Black Lives Matter a connu un nouvel élan. Alors que les militants élèvent leur voix pour dénoncer les violences policières, le profilage racial ou encore le suprémacisme blanc, c’est tout un débat sur les pratiques discriminatoires qui refait surface. Et le monde de l’édition n’est visiblement pas en reste. 
 

 

Lancé le 7 juin dernier sur Twitter, #PublishingPaidMe encourage initialement les auteurs anglo-saxons à dévoiler publiquement le montant de leurs à-valoir dans le but de relever la différence de rémunération entre les écrivains blancs et les auteurs noirs. 

L’initiative a été lancée par Tochi Onyebuchi, auteur américain d’origine nigériane, après avoir constaté que les maisons d’édition s’impliquaient beaucoup plus dans le mouvement Black Lives Matter que dans la rémunération de leurs auteurs de couleur. 

« Chères maisons d’édition, toutes vos déclarations BLM sont mignonnes, mais j’ai besoin que vous fassiez preuve de la même énergie lorsque nous commençons à parler d’écrivains noirs et d’à-valoir », a-t-il twitté

Et de convoquer ses « alliés blancs dans l’édition » : « Vous devez vous préparer à avoir de vraies conversations inconfortables sur le montant que vous avez reçu pour vos livres ».

Dès le départ, le débat a été largement soutenu par l’écrivaine L.L. McKinney, à qui l’on doit d’ailleurs la création du hashtag #PublishingPaidMe. 
 

Des à-valoir plus faibles pour les auteurs noirs


Depuis son apparition, le hashtag est rapidement devenu viral sur le réseau social Twitter. De nombreux auteurs ont en effet joué le jeu et révélé les montants de leurs à-valoir. Le résultat est globalement sans appel : les auteurs noirs seraient moins payés que les auteurs blancs.

À titre de comparaison, la romancière américaine Laura Sebastian a dévoilé avoir touché 185.000 $ pour chaque livre de sa trilogie Ash Princess, 200.000 $ pour chaque livre de sa trilogie Castles in their Bones et enfin 125.000 $ pour Half Sick of Shadows.

 

 

De son côté, l’autrice afro-américaine NK Jemisin a déclaré avoir recu 40.000 $ pour chaque livre de sa trilogie Heritage, 25.000 $ pour chaque livre de la série Dreamblood et 25.000 $ pour chaque livre de la trilogie Broken Earth pourtant récompensée trois fois d’affilée par le prix Hugo du meilleur roman.

 


L’autrice Kerstin Hall a également souhaité relever un autre point important : « Avec #PublishingPaidMe, nous avons pu remarquer que les auteurs n’atteignent souvent que de grands à-valoir à partir de leur cinquième ouvrage. Cela nous invite à la question suivante : qui a les ressources pour continuer d’essayer, et qui est contraint d’arrêter ? » 
 

ECRIRE : un luxe pour les classes privilégiées ? 

 


#PublishingPaidMe en France : “On nous prend pour des jambons”


En France, le mouvement #PublishingPaidMe a eu un écho particulier. De nombreux auteurs ont en effet été interpelés par la somme des à-valoir dévoilés par leurs confrères anglo-saxons. Et pour cause, les montants, même les plus bas, sont bien supérieurs aux à-valoir en France.

 

 


« Je vais sortir mes chiffres vous allez voir flou, y’a des gens qui ont touché plus en 1 livre que l’intégralité de ma rémunération en 1 an » reprend l’auteur de bande dessinée Aurélien Fernandez. « J’ai fait 3 livres, je suis publié tous les mois dans 2 magazines + jobs d’appoint. »

Face à l’indignation de certains auteurs, la Ligue des auteurs professionnels a partagé un document sur la différence de statut entre les auteurs et autrices français et nord-américains. « De quoi lever certains a priori, repenser certains mythes, et éclairer notre propre situation ! » affirme l’organisation.

Mais également de rappeler : « Le rapport Racine était limpide sur la question de l’accès au métier des auteurs et autrices racisés : c’est bien simple, le profil type d’un auteur qui vit de l’écriture en France est un homme blanc d’une cinquantaine d’années, propriétaire d’un ou plusieurs biens immobiliers. »

Le document est à consulter et/ou télécharger ci-dessous : 




Photographie : pixabay license




Commentaires
Une précision quand même, chère Actualitté, quand il s'agit de comparer les à valoir en France et aux États-Unis. On parle ici d'à valoir aux États-Unis (330 millions d'habitants). Commençons déjà à tout diviser par 4,85 (68 millions d'habitants en France) ou bien à comparer avec nos voisins britanniques ou italiens, à la population équivalente. Et évoquons l'obscène sujet des chiffres de vente...
Bonjour

C'est amplement précisé : le mouvement concernait au départ les auteurs anglo-saxons et spécifiquement américains, comme indiqué dans l'article.

Le fait que les auteurs français s'en soient emparé ne change rien aux faits, puisqu'il s'agit avant tout de mesurer les différences entre auteurs blancs et pas blancs, finalement.



Merci de nous lire !
Merci de vous relire, surtout. Vous consacrez toute la fin de l’article à la disparité France / USA, qui n’a rien à voir avec le problème d’origine...
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