Pullman, Le Carré ou Gaiman engagés contre le Brexit

Clément Solym - 22.05.2019

Edition - International - brexit - grande-bretagne - élections


Robert Harris, John Le Carré, Philipp Pullman, Kate Williams, Neil Gaiman … la liste est longue. En prévision des élections européennes qui se tiennent ce jeudi de l’autre côté de la Manche, plusieurs auteurs britanniques, et non des moindres donc, ont signé une lettre ouverte dans le Guardian. Ils y prennent position contre le Brexit, encourageant les électeurs à se prononcer en faveur de l’Union Européenne – à moins d’avoir vraiment conscience des implications d’une sortie de l’UE. Autrement dit, une invitation à choisir en connaissance de cause. 

Sans l'UE, que feront les éditeurs britanniques de tous leurs livres ? 
(Image par Eli Digital Creative de Pixabay)

Plutôt que les bons sentiments, les arguments mis en avant par ces auteurs sont avant tout économiques. Selon eux, leur industrie, et le monde de la création de façon plus générale, subiront de plein fouet les effets du Brexit. Ils rappellent que les exportations de livres constituent 60 % du chiffre d’affaires de l’édition britannique et que 36 % des livres exportés prennent le chemin de l’Europe.
 

Avec ces chiffres en tête, on comprend qu’un « hard Brexit » (soit une sortie du Royaume-Uni sans accord) ne ferait pas les affaires des auteurs et de leurs éditeurs, même s’ils ne sont pas en mesure d’évaluer précisément le montant des pertes. 
 

Ils estiment que la bonne santé du secteur (aucun autre pays ne publie plus de livres par habitant que la Grande-Bretagne) dépend en partie de l’accès au marché européen. Ils soulignent également que leurs professions ne seront pas les seules emportées : toute la chaîne du livre qui serait impactée.
 

Pour ce qui est de l’édition à proprement parler, la Publishers Association parle de 7,8 milliards de livres sterling en termes de contribution à l’économie et 70 000 emplois. 
 

« Il semble que chaque secteur et chaque personne au Royaume-Uni doit répondre à une question : que choisissez-vous de perdre ? Auparavant, on nous a parlé des avantages du Brexit. On nous parlait d’un futur radieux, d’entrées d’argent supplémentaires, d’opportunités. Désormais, les défenseurs du Brexit se contentent de nous assurer que la sortie de l’Union ne sera quand même pas aussi terrible que le dernier conflit mondial. »
 

En conclusion, ces auteurs résument ainsi leur position : « Nous sommes ceux qui passent leur temps à rendre la fiction crédible, et nous pensons qu’à ce compte-là, le Brexit n’est même pas un effort honorable ». Bref, leur choix est fait, sans la moindre ambiguïté. Et ils ont hâte que le cauchemar prenne fin. Sauf qu’à quelques heures du scrutin, c’est le nouveau parti de Nigel Farage, pro-Brexit, qui fait la course en tête. 



via The Guardian


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