Quand la maison royale britannique étouffa le crime parfait

Julien Helmlinger - 08.04.2013

Edition - International - Edward VIII - Royaume-Uni - Famille royale


Si le roi Edward VIII est demeuré célèbre pour avoir renoncé au trône britannique, afin d'épouser l'Américaine divorcée Wallis Simpson, le dernier livre d'Andrew Rose révèle une autre liaison sulfureuse de la figure historique. Intitulé The Prince, the Princess and the Perfect Murder, l'ouvrage de l'avocat lève le voile sur une relation entretenue par le prince et l'aventurière française Marguerite Alibert, dite Maggie Meller, 20 ans avant l'abdication de 1936. Une courtisane en robe Chanel qui aurait réussi un « crime parfait ».

 

 


 

 

Lorsque la Française avait été acquittée du meurtre de son mari, le prince égyptien Ali Kamel Fahmy Bey, dans un tribunal londonien, son lien avec le prince de Galles n'avait pas été révélé publiquement. 

 

Des liaisons dangereuses au crime parfait

 

Avec ce nouveau livre, l'avocat et ancien juge britannique, Andrew Rose, entend faire la lumière sur la façon dont la surnommée Maggie Meller aurait fait chanter le futur roi pour échapper à la peine capitale. Selon lui, la Française aurait usé des preuves de sa liaison avec Edward, 6 ans auparavant, pour forcer la maison de Windsor à la couvrir.

 

Tandis que le prince égyptien avait été abattu d'un coup de pistolet au sein d'une suite du prestigieux Hôtel Savoy, au cours de l'année 1923 à Londres, les preuves semblaient accabler son épouse Marguerite Alibert. Et malgré tout, à l'issue du procès à sensation qui s'ensuivit, la même année, l'accusée fut acquittée. Selon le verdict, elle aurait agi en état de légitime défense.

 

Comme le rapporte l'auteur : « Cette affaire a été soigneusement maquillée de sorte qu'on ne puisse jamais faire le lien entre le meurtre et le prince de Galles. [...] La Maison royale a pris des mesures pour faire en sorte que le nom du prince ne soit pas prononcé pendant le procès pour protéger la réputation du futur roi. C'est stupéfiant qu'elle s'en soit sortie. »

 

Un procès de façade pour étouffer le scandale

 

Andrew Rose a déjà écrit un premier livre au sujet du procès de l'aventurière Maggie Meller, paru en 1991 sous le titre Scandal at the Savoy.  Après la sortie de ce premier livre, le petit-fils de la Française a contacté l'auteur pour lui révéler la liaison de sa grand-mère avec le futur Edouard VIII, lui parler des lettres d'amour échangées par les deux amants et des Mémoires qu'elle avait écrits en 1934.

 

Après avoir passé plusieurs années à démêler le confus de cette liaison, fouillé dans les archives non publiées de la couronne, demandé l'ouverture de collections privées ou encore suivi la piste de documents détruits, il est en mesure d'affirmer que le procès n'aura été que « de façade ».

 

Selon l'ancien juge, l'entourage du prince de Galles aurait entamé les négociations immédiatement après l'arrestation de Maggie Meller. Craignant avant tout que l'accusée ne restitue les lettres du prince qu'elle avait conservées au Caire, ou qu'elle ne mentionne ne serait-ce que le nom de son ancien amant pendant le procès, son passé mouvementé aurait été passé sous silence tandis que les juges auraient mis l'accent sur les penchants de son mari pour la violence et autres penchants sexuels particuliers.

 

Alors qu'une condamnation pour meurtre aurait risqué de chahuter la couronne, la meurtrière s'est vue libérée et a pu passer le reste de sa vie à Paris où elle est décédée en 1971, un an avant Edward, le prince coureur de jupons.